15 octobre 2026
IMG_20240327_082755_841

Le Tchad, pays d’Afrique centrale, est confronté à de nombreux défis politiques et sociaux. Récemment, le Conseil constitutionnel a annulé la candidature de Nassour Koursami, suscitant une réaction forte de la part du GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). 

Dans une déclaration publique faite ce mardi 26 Mars 2024 au siège du parti Les Patriotes, le GCAP a exprimé son mécontentement face à cette décision et a appelé à une lutte politique et démocratique pour défendre les droits et les aspirations du peuple tchadien.

Dans cette déclaration, le GCAP souligne le culte de la personnalité entourant les « hommes forts » au Tchad, et pointe du doigt Mahamat Idriss Déby Itno, considéré comme un homme fort sans comptes à rendre à son peuple. Les membres du GCAP critiquent la dilapidation des ressources du pays par le dirigeant, mettant en exergue ses voyages coûteux à l’étranger et ses dépenses extravagantes.

Ils font également référence à d’autres exemples d’hommes forts en Afrique tels qu’Idi Amine Dada, Khadafi, Mobutu, Bokassa, Samuel Doe et Blaise Compaoré, dont les règnes ont été marqués par des calamités et des malheurs. Selon le GCAP, le Tchad n’a pas besoin d’un homme fort qui ne montre pas d’amour pour son pays.

Toutefois, le GCAP souligne également que le rôle d’un homme fort est de protéger les plus faibles et de veiller au bien-être de la population. Un véritable homme fort agit en tant que chef de famille responsable, protégeant ses enfants et ne terrorisant pas sa population. Les membres du GCAP estiment que les dirigeants tchadiens devraient assumer leur responsabilité de protéger la population dépourvue de ressources et de subvenir à ses besoins fondamentaux. Ils condamnent les actes de violence et les abus commis par certains conseillers du dirigeant, incitant à des actions contraires à l’intérêt du peuple.

Dans leur déclaration lue par un de membre , Professeur Avoksouma Jonas, les membres du GCAP soulignent également l’importance du respect des lois de la guerre. Ils dénoncent l’achèvement d’adversaires désarmés, qualifiant cela de lâcheté et de crime contre l’humanité. Ils affirment que l’armée tchadienne devrait protéger les citoyens plutôt que de les effrayer, et que les règles de l’armée doivent être appliquées de manière impartiale pour le bien de tous les Tchadiens.

Le GCAP met également en évidence le fait que le Tchad est l’un des rares pays au monde où l’armée est dirigée par un homme fort aux pratiques discutables. Ils soulignent que de nombreuses grandes démocraties en Afrique, telles que le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et l’Algérie, sont dirigées par des civils et ne sont pas moins fortes que le Tchad. Le GCAP remet en question l’idée selon laquelle le Tchad ne peut survivre sans un militaire fort, en soulignant l’incapacité des généraux à défendre la patrie et à assurer la sécurité des citoyens.

Face à l’annulation de la candidature de Nassour Koursami, le GCAP appelle à une lutte politique et démocratique. Ils estiment que les problèmes auxquels le Tchad est confronté sont de nature politique, et que les solutions doivent également être politiques. Ils se réfèrent à la constitution du pays, qui leur permet de s’opposer à toute prise de pouvoir par les armes et à toute confiscation du pouvoir par les armes. Le GCAP suggère également la perspective d’une lutte panafricaine avec une coalition anti-impérialiste, prenant exemple sur d’autres pays comme le Sénégal où la population a réussià renverser des régimes autoritaires par des moyens pacifiques.

Le GCAP appelle tous les acteurs politiques, les partis d’opposition, les organisations de la société civile et les citoyens engagés à se mobiliser pour défendre la démocratie au Tchad.

Ils encouragent la mise en place d’un front uni pour faire pression sur le gouvernement et exiger des réformes politiques, notamment la révision de la décision d’annulation de la candidature de Nassour Koursami.

Le GCAP invite également la communauté internationale à soutenir le peuple tchadien dans sa lutte pour la démocratie. Ils appellent les organisations régionales et internationales, ainsi que les États membres, à condamner les actions antidémocratiques du gouvernement tchadien et à prendre des mesures appropriées pour préserver la stabilité et les droits fondamentaux dans le pays.

Mbainaissem Gédéon