17 octobre 2026
IMG_20240113_190132_960

La récente adoption de la nouvelle constitution de la République du Tchad, baptisée la 5ᵉ République, a suscité de vives critiques de la part de la majorité de l’opposition politique tchadienne et de la société civile. Cette constitution, qui a été validée par la cour suprême et promulguée par le Président de Transition, le général Mahamat Idriss Deby le 29 décembre, est perçue comme une mascarade imposée « militairement par la junte au pouvoir », avec le soutien de la métropole, estime le GCAP

Le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) et la plateforme républicaine rejettent cette constitution, la qualifiant d’injuste, d’irrégulière et d’illégitime. 

Des problèmes sur la forme, la qualité et le fond de la constitution 

 Le GCAP et la plateforme républicaine soulèvent plusieurs problèmes concernant la forme, la qualité et le fond de la constitution de la 5ᵉ République tchadienne.

Sur la forme et la qualité, ils remettent en question les normes légistiques et le préambule lacunaire de la constitution.

Selon eux, au lieu de refléter les aspirations générales du peuple tchadien et de servir de déclaration de principe, le préambule se réduit à une simple narration de l’histoire, mettant en avant le régime et la personne d’un homme, sans le consentement du peuple tchadien et sans respect des principes constitutionnels. 

Concernant le fond, le GCAP et la plateforme républicaine estiment que 54 articles de la constitution posent des problèmes d’inconstitutionnalité, d’abus de pouvoir, d’abus de droit, de manque de précision, d’inopérabilité et d’imperfection normative. Ils dénoncent le caractère insolent de ces articles, qui portent atteinte à l’intelligence du peuple tchadien. 

 Une constitution contestée et dénoncée 

Selon le GCAP et la plateforme républicaine, cette constitution de la 5ᵉ République est loin d’être une loi sacrée. Ils la comparent à un simple cahier d’écolier, rempli de gribouillages des auteurs, ou à un manifeste politique d’un parti politique.

Selon eux, cette constitution a été rédigée sans discernement et dans le but de plaire à un homme, alors même qu’elle devrait être un document fondamental pour tous les citoyens tchadiens.

Appel à la défiance politique générale Face à cette situation

Le GCAP et la plateforme républicaine appellent la population tchadienne à manifester une défiance politique générale envers cette nouvelle constitution. Ils entendent également poursuivre le Président de la Cour suprême pour déni de justice, en raison de son refus de statuer sur les ordonnances relatives à l’état d’urgence, aux attroupements, aux réunions publiques et aux manifestations sur la voie publique.

Ces ordonnances, qui portent atteinte aux libertés publiques et politiques, sont pourtant contraires aux droits de l’homme reconnus et garantis par les lois et les conventions internationales, affirment-ils. 

Le rejet de la nouvelle constitution de la 5ᵉ République du Tchad par le GCAP et la plateforme républicaine soulève des préoccupations quant à sa légitimité et à sa conformité aux principes démocratiques. Les critiques portent notamment sur la forme, la qualité et le fond de cette constitution, remettant en question sa validité et son adéquation aux aspirations du peuple tchadien.

 Dans ce contexte, il est essentiel d’ouvrir un dialogue constructif et inclusif pour trouver une solution qui profite à l’ensemble de la population et qui respecte les principes fondamentaux de la démocratie.

Mbaïnaissem Gedeon