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La presse tchadienne, à l’instar des autres dans le monde, a célébré ce 3 mai 2026 la 33ᵉ Journée internationale de la liberté de la presse, placée sous le thème « Façonner un avenir en paix ».
Au Tchad, les autorités ont multiplié les messages de soutien : discours rassurants, promesses d’amélioration et appels à un journalisme responsable. Mais sur le terrain, la réalité reste marquée par des pressions récurrentes.
Chaque année, les professionnels des médias dénoncent intimidations, interpellations et arrestations. En 2026, malgré une avancée au classement de Reporters Sans Frontières (93ᵉ contre 108ᵉ en 2025), plusieurs cas ont été signalés :
- Moussa Guedmbaye, directeur de publication de Nouvelles.td, interpellé le 5 janvier ;
- Zara Tchari, directrice de publication de Tribune Échos, auditionnée le 16 mars ;
- Bienvenu Aristide Nganan, directeur de publication de Tchad Alyom, convoqué le 16 avril.
Ces exemples illustrent le malaise persistant entre médias indépendants et autorités, malgré une loi garantissant la liberté de la presse. Dans la pratique, les rapports restent tendus, souvent marqués par des restrictions.
La célébration du 3 mai prend ainsi une dimension particulière au Tchad : elle rappelle l’urgence de protéger les journalistes, de garantir leur sécurité et de préserver leur indépendance. La liberté de la presse ne se mesure pas aux discours officiels, mais à la réalité du terrain.
En ce 3 mai, plus qu’une fête, c’est un appel à des actes concrets. Sans presse libre, il ne peut y avoir ni transparence, ni démocratie durable.
NODJIRÉ DJIMADJI / Hamama Média
