France's President and liberal party La Republique en Marche (LREM) candidate to his succession Emmanuel Macron reacts during a meeting with citizens at the Palais Beaumont in Pau, southwestern France, on March 18, 2022, as part of the political campaign ahead of the April 10/24 presidential election in France. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
« Macron doit partir » : les oppositions multiplient les appels à la démission et à la dissolution après l’annonce de Lecornu
Quelques heures après avoir nommé les ministres d’État, dimanche, le Premier ministre a présenté sa démission au président de la République lundi matin.
Coup de théâtre ce lundi matin. Alors qu’il avait annoncé dimanche une partie de son gouvernement Sébastien Lecornu s’est rendu à l’Élysée ce lundi vers 8h30. Il a présenté sa démission au président de la République, qui l’a acceptée. Le Premier ministre nommé le 9 septembre dernier est désormais démissionnaire.
Premier à réagir, après avoir été prévenu de cette soudaine démission par des journalistes qui attendaient son arrivée au siège du Rassemblement national, le président du parti Jordan Bardella a aussitôt appelé Emmanuel Macron à dissoudre de nouveau l’Assemblée nationale. « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a asséné le président du RN.
Cependant que, sur le plateau de BFM, le député socialiste Philippe Brun appelait, lui, Emmanuel Macron à choisir un chef de gouvernement issu de la gauche. « Nous sommes prêts à assumer les responsabilités du pays. Les socialistes ne se déroberont pas, c’est dans ce sens que doit aujourd’hui aller le président de la République ».
Sur X, les Insoumis ont relancé leur combat pour l’organisation d’un scrutin… présidentiel. « Le compte à rebours est lancé. Macron doit partir », a dégainé la cheffe du groupe LFI à l’Assemblée Mathilde Panot, tandis qu’Aly Diouara écrivait en boucle et en lettres capitales le mot « DÉMISSION », au diapason de Raphaël Arnault ou Sophia Chikirou.
Quelques minutes plus tard, le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, ainsi que plusieurs autres cadres de LFI, ont demandé « l’examen immédiat de la motion déposée par 104 députés pour la destitution d’Emmanuel Macron ».
Sur X, le maire de Cannes David Lisnard, vice-président de LR, par ailleurs président de l’Association des maires de France, appelle à la démission du chef de l’État.
« L’intérêt de la France commande qu’Emmanuel Macron programme sa démission, pour préserver les institutions et débloquer une situation qui était incontournable depuis la dissolution absurde. Il est le premier responsable de cette situation « , écrit-il, assurant que » l’avenir de notre pays est en jeu ».
Sur BMF, la députée (Ensemble, macroniste) Éléonore Caroit s’est dite « inquiète ». « On devait reprendre nos travaux demain. On assiste à un spectacle que nous n’avons pas choisi, je vois qu’il y a des calculs, notre groupe est là pour travailler. (…) On ne va pas tout laisser tomber, tout enterrer », plaide-t-elle.
« Comme beaucoup d’entre vous, je désespère de ce cirque où chacun joue son rôle, mais où personne ne prend ses responsabilités », a affirmé lundi la ministre de la Transition écologique du gouvernement démissionnaire, Agnès Pannier-Runacher, taclant au passage « ceux » qui croient pouvoir faire « l’économie de la gauche ». « Aujourd’hui, j’appelle chacun à se ressaisir. On ne sortira pas de l’ornière en cultivant les divisions », écrit-elle.
« On est au bout de la blague » si Emmanuel Macron nomme un autre Premier ministre, « les masques tombent », il faut une dissolution, assène Marine Le Pen à son arrivée au siège du RN pour s’entretenir avec Jordan Bardella. L’ancienne présidente du RN tance le PS et LR, prêts à « faire tomber le gouvernement » pour « obtenir plus de postes de ministres ». Interrogée, elle juge que la démission du président serait « sage », la dissolution « absolument nécessaire ».
Alors que tous se tournent vers Emmanuel Macron, Olivier Faure s’adresse, lui, à Sébastien Lecornu. « Je me demandais s’il restait un gaulliste dans ce pays. Il en restait un, et il vient de démissionner avec dignité et honneur », écrit le premier secrétaire du Parti socialiste sur X. Une marque « d’élégance », relève sur BFM Alexis Corbière (ex-Insoumis).
La patronne des Verts Marine Tondelier a réuni en urgence un conseil politique d’EELV, une communication sera faite à l’issue. Mais, note-t-elle, « les mêmes causes (un macroniste à Matignon alors qu’ils ont perdu les élections) entraînent forcément les mêmes conséquences ».
Sur X, le n° 1 du Parti communiste déplore une « crise démocratique inédite face à l’incompétence de ceux qui dirigent le pays depuis 8 ans ». Pour sortir de « l’impasse » dans laquelle, selon Fabien Roussel, Emmanuel Macron a mené le pays, « il faut nommer la gauche ou retourner aux urnes ».
À son arrivée au siège de LR, en retard à la réunion convoquée par Bruno Retailleau qui a provoqué la démission de Sébastien Lecornu, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, propose de convoquer les Français aux urnes pour un référendum, « sur l’immigration et les finances publiques ».
Allié à Marine Le Pen lors des législatives anticipées, alors qu’il présidait LR, Eric Ciotti dénonce ceux qui « ont fait un choix de postes ». « Aujourd’hui ce sont les derniers soubresauts d’un système déliquescent », juge-t-il devant la presse. « Le président de la République doit tirer les conclusions de cette situation. La seule solution, c’est l’élection. (…) Ceux qui sont au pouvoir ont failli », assène le député des Alpes-Maritimes, furieux contre le retour de Bruno Le Maire au gouvernement, « un bras d’honneur aux Français ». « Le mieux serait une élection présidentielle ».
Le Figaro
