16 mai 2026
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Le remaniement ministériel du 1er avril a placé Mahamat Ahmat Alhabo à la tête du ministère de l’Éducation nationale, en remplacement d’Aboubakar Assidick Choroma. Mais ce changement intervient dans un climat social particulièrement tendu, marqué par un bras de fer persistant entre le gouvernement et le Syndicat des Enseignants du Tchad (SET).

La coupe de la moitié des salaires du mois de février reste au cœur des tensions. Considérée comme une sanction par les enseignants, elle a cristallisé la colère et accentué la défiance envers l’exécutif. Choroma, avant son départ, avait reçu le SET et pris acte de la « Déclaration d’Accra », document syndical issu d’une rencontre internationale. Mais aucune avancée concrète n’a suivi, laissant le terrain miné pour son successeur.

Les attentes autour d’Alhabo
Le nouveau ministre hérite d’un ministère fragilisé et d’un corps enseignant en quête de reconnaissance. Ses priorités sont claires : 
– Rétablir la confiance avec des enseignants qui dénoncent le mépris et l’absence de dialogue. 
– Engager des négociations crédibles, capables de dépasser les promesses restées sans suite. 
– Coordonner avec les autres ministères concernés, notamment les Finances et la Fonction publique, pour donner du poids à ses engagements.

Pour le SET, les paroles ne suffisent plus. Seuls des gestes concrets — comme une révision de la coupe salariale ou des garanties sur les droits des enseignants — pourront apaiser la crise. Alhabo devra choisir entre maintenir une ligne de fermeté administrative ou ouvrir une brèche vers la négociation. Sa capacité à transformer la continuité politique en ouverture sociale sera déterminante.

Le bras de fer avec le SET est plus qu’un simple conflit sectoriel : il est devenu un test grandeur nature pour le nouveau ministre. S’il parvient à instaurer un dialogue sincère et à poser des actes tangibles, il pourra renforcer son image et stabiliser le système éducatif. Dans le cas contraire, le risque est grand de voir la crise s’enliser, avec des conséquences directes sur l’avenir de l’école tchadienne.

Mahamat Ahmat Alhabo n’arrive pas en terrain neutre. Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à engager des négociations réelles avec le SET et à restaurer la confiance dans un secteur vital pour l’avenir du pays.