La 30ᵉ Conférence des ambassadeurs de France a été marquée par un discours très attendu d’Emmanuel Macron. Le président a annoncé un tournant majeur dans la politique étrangère française, en particulier sur le continent africain, plaidant pour un partenariat fondé sur l’égalité et le respect mutuel.
Le chef de l’État a rappelé les initiatives mémorielles et culturelles engagées ces dernières années : commission Stora sur l’Algérie, restitution d’œuvres d’art, création de commissions d’historiens avec plusieurs pays africains. Selon lui, la France adopte désormais une lecture « lucide, scientifique et responsable » de son histoire, refusant « la complaisance comme la désinformation ».
Macron a dénoncé l’usage politique et médiatique d’un « panafricanisme instrumental », qu’il accuse certains acteurs étrangers de promouvoir pour manipuler l’opinion publique. Il a mis en garde contre l’exploitation d’une jeunesse africaine dont plus de 60 % a moins de 25 ans, insistant sur la nécessité d’un dialogue sincère.
Sur le plan sécuritaire, le président a précisé que la France ne se retire pas d’Afrique mais ajuste son engagement. Les bases permanentes, longtemps symbole d’une présence postcoloniale, ont été réduites. « Notre action militaire a toujours répondu à la demande des États africains », a-t-il rappelé, tout en soulignant la volonté de rompre avec les représentations héritées du passé
