Les députés tchadiens, représentants du peuple, n’hésitent pas à hausser le ton lorsqu’ils accusent un mois de retard de salaire. À peine leurs revendications portées sur la place publique, les paiements suivent. Mais ironie du sort, des milliers de jeunes travailleurs des programmes publics restent plongés dans une attente interminable, privés de leurs droits les plus élémentaires.
Il y a quelques mois déjà, certains parlementaires avaient dénoncé un retard de paiement. Leur mobilisation avait suffi pour que les salaires soient rapidement versés. Aujourd’hui encore, un mois d’arriéré a déclenché une vague de protestations, relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Pendant ce temps, les anciens employés du Programme YouthConnekt Tchad réclament 12 mois d’arriérés. Ceux qui y travaillent encore dénoncent jusqu’à 26 mois d’impayés. Quant au personnel de l’initiative 50 000 emplois décents, il accuse plus de vingt mois de retard. Ces projets, placés sous la tutelle du ministère de la Jeunesse et des Sports, étaient censés incarner l’espoir d’une génération. Ils se transforment aujourd’hui en symbole d’abandon.
La différence de traitement entre les élus et les jeunes travailleurs soulève une question de justice sociale. Les députés, censés défendre les citoyens, semblent sélectifs dans leurs revendications : prompts à défendre leurs propres droits, mais silencieux face aux souffrances prolongées de ceux qu’ils représentent.
