8 février 2026
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Au Tchad, les discours officiels sont trop souvent orientés vers les plus hautes autorités. Lors des lancements de projets ou des événements publics, l’attention se détourne de l’objectif initial pour se concentrer sur le Président de la République ou sur les responsables hiérarchiques.

« Quand j’assiste à une cérémonie, j’aimerais entendre parler des écoles qui vont être construites ou des manuels qui seront distribués. Mais trop souvent, on passe plus de temps à répéter le nom du Président qu’à expliquer ce qui va changer pour nous, » s’indigne Fatime, Enseignante à N’Djamena.

Pourtant, le Chef de l’État lui-même, dans ses interventions, n’a cessé de mettre en garde contre les discours flatteurs et d’appeler à privilégier le travail concret.

« Le Chef de l’État lui-même dit qu’il faut arrêter les discours flatteurs. Pourtant, certains responsables continuent. On dirait qu’ils veulent plaire aux autorités plutôt que de servir la population, » ajoute un autre citoyen.

Il n’est pas rare qu’au cours d’un seul discours, le nom du Président soit répété à plusieurs reprises, alors que cela n’est pas nécessaire. Cette pratique finit par masquer les véritables objectifs assignés à ces événements et réduit leur portée.

Pour Amina, étudiante en droit :

« Les discours devraient être des moments de vérité et de pédagogie. On veut comprendre les projets, les délais, les résultats attendus. Sinon, ça reste des paroles sans impact. »

Pour plusieurs citoyens, c’est l’amélioration du quotidien qui importe.

« Nous, citoyens, avons besoin de savoir comment les projets vont améliorer notre quotidien. Les flatteries ne remplissent pas nos marchés ni nos poches, » indique Laoura, un jeune entrepreneur.

Il est temps de changer de cap : les discours doivent aller à l’essentiel, mettre en avant les actions et les résultats attendus, afin que les objectifs fixés soient réellement atteints et que les citoyens en perçoivent les bénéfices.