La Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) a réagi par plusieurs communiqués aux accusations de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC). Si elle revendique une pleine coopération, l’entreprise nationale dénonce des méthodes de contrôle qu’elle juge coercitives et contraires aux textes en vigueur.
La SHT affirme avoir désigné un point focal, aménagé un cadre de travail et transmis les documents requis dans les délais. Elle réfute toute idée d’obstruction et rappelle que le respect des procédures internes ne constitue pas un refus de collaborer.
Selon la société, la mission s’est déroulée dans un climat d’intimidation. Elle relève la présence d’agents non mentionnés dans l’ordre de mission et d’un important dispositif militaire. Des pratiques qui, selon la SHT, soulèvent « de sérieuses interrogations quant au respect des règles encadrant une telle mission ».
La SHT dénonce le traitement infligé à sa Directrice Commerciale et Marketing, retenue manu militari dans son bureau pendant près de 5 heures, privée de téléphone et de l’assistance de ses collaborateurs. L’entreprise qualifie ces faits d’« humiliants et dégradants » et invoque l’article 31 du décret n°2015/PR/2024 sur la présomption d’innocence et l’équité procédurale.
L’entreprise pointe le non-respect des articles 34, 37, 39, 40 et 62 à 65 du même décret, relatifs aux auditions et incidents. Elle estime que toute difficulté aurait dû être traitée selon les mécanismes prévus, « condition essentielle de la crédibilité du contrôle ».
Dans son communiqué du 13 août, signé par Rahma Zakaria, Chef de la Cellule de Communication, la SHT rejette l’allégation selon laquelle sa Directrice aurait imprimé elle-même les factures. Ces documents, affirme-t-elle, ont été saisis directement par la Contrôleure Générale Adjointe de l’AILC, sans décharge.
