16 octobre 2026
Bache 4

Face à un avenir incertain, une grande partie de la jeunesse tchadienne, confrontée au chômage et à l’oisiveté, se tourne de plus en plus vers le culte des personnalités. Une tendance qui reflète autant un manque d’opportunités qu’une soif d’appartenance et de reconnaissance dans un pays où les perspectives d’avenir restent limitées.

Dans les rues de N’Djamena et d’autres grandes villes du pays, il n’est pas rare de voir des jeunes arborant fièrement des t-shirts à l’effigie de leaders politiques, d’artistes ou d’hommes d’affaires influents. Sur les réseaux sociaux, des groupes et pages dédiés à ces figures se multiplient, relayant leurs discours et défendant leurs actions avec un zèle quasi religieux. Ce phénomène touche autant les jeunes déscolarisés que ceux ayant fait des études supérieures mais peinant à trouver un emploi.

Mais derrière cet engouement se cache une réalité plus sombre celui d’un profond désœuvrement. Avec un taux de chômage des jeunes qui dépasse les 60 %, beaucoup se retrouvent sans perspectives d’emploi et voient dans l’adoration de ces figures un moyen d’exister et d’avoir une voix. En l’absence de structures solides pour les encadrer et les insérer dans le monde professionnel, ils investissent leur énergie dans des batailles virtuelles ou des soutiens aveugles à des personnalités qui, bien souvent, ne leur apportent aucune solution concrète.

Le culte des personnalités pourrait être moins prononcé si des alternatives viables étaient offertes aux jeunes. Le développement de l’entrepreneuriat, la promotion des initiatives locales et la valorisation des compétences pourraient permettre de détourner cette énergie vers des projets constructifs.

Le gouvernement, les organisations de la société civile et le secteur privé ont un rôle crucial à jouer. Plutôt que de s’appuyer sur cette ferveur pour asseoir leur influence, les dirigeants devraient investir dans des programmes de formation et de création d’emplois adaptés aux besoins du marché. De même, les jeunes doivent prendre conscience de leur potentiel et s’organiser pour revendiquer des opportunités réelles, au lieu de se contenter d’idolâtrer ceux qui incarnent un pouvoir souvent inaccessible.

Si rien n’est fait, la jeunesse tchadienne risque de sombrer davantage dans cette dynamique où l’adoration remplace l’action. Mais l’histoire a prouvé que la force d’un pays réside dans sa jeunesse. Il appartient donc aux jeunes de dépasser cette logique de culte et de s’impliquer activement dans la construction de leur avenir, en revendiquant des solutions concrètes plutôt qu’en se contentant d’idolâtrer des figures souvent déconnectées de leurs réalités.

Marie-Claire/Hamama Média