Dans un communiqué de presse publié en mars 2022, le directeur général de la police, Moussa Haroun Tirgo, avait rappelé aux propriétaires et conducteurs de véhicules gros porteurs modifiés que leur circulation est strictement interdite. Il avait averti que « en cas de non-respect de ces mesures réglementant la circulation, les contrevenants seront sévèrement sanctionnés et leurs véhicules saisis ».
Selon l’Arrêté N°030/CVNDJ/SG/DUATU/2024, ces véhicules ne sont autorisés à entrer dans la ville qu’entre 23 heures et 6 heures du matin. Cependant, malgré cette réglementation, la circulation des gros porteurs en journée dans la capitale tchadienne continue de poser problème. Ce phénomène se déroule sous les yeux des policiers, qui semblent impuissants face à cette situation.
Les gros porteurs, souvent chargés de marchandises en provenance du Cameroun et du Nigeria, occupent les voies publiques, notamment entre le pont de Ngueli et le rond-point Walia Barrière dans le 9e arrondissement. Leur présence entrave le passage des autres véhicules et complique la vente pour les commerçants situés aux abords de la route.
Leur stationnement sur les voies publiques crée non seulement des difficultés pour les piétons, mais augmente également le risque d’accidents. Malgré l’interdiction imposée par le gouvernement et les autorités communales, ces mesures sont souvent ignorées par les chauffeurs, qui échappent à toute sanction.
Les vendeurs ambulants, qui dépendent de leur activité pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, se plaignent de la mévente causée par la présence de ces camions. Une commerçante a déclaré : « Quand ils stationnent devant nos tables, on n’a plus le marché. Et quand on essaie de leur parler, ils disent qu’ils paient pour ces espaces occupés à la mairie. »
Pour un jeune du 9ème arrondissement, la circulation des gros porteurs en journée représente un véritable risque. Ces camions occupent une grande partie de la chaussée et sont souvent à l’origine des embouteillages. Francis, un habitant du quartier, a commenté : « La décision d’interdire leur circulation est bonne, mais son application pose problème au Tchad. Souvent, les décisions sont prises sans mesures d’accompagnement, donc c’est compliqué. »
Au-delà des désagréments économiques, la situation met également en danger la vie des citoyens.
Il est donc urgent que la mairie du 9ème arrondissement prenne des mesures concrètes pour réguler la circulation de ces camions afin d’assurer la fluidité du trafic et la sécurité des populations.
Florence MOKIBGUE/Hamama Media
