Longtemps considérée comme un pilier de la solidarité communautaire et un moyen sûr d’épargne collective, la tontine connaît aujourd’hui un recul de participation masculine. Si elle reste très active et largement portée par les femmes, de plus en plus d’hommes choisissent de s’en éloigner pour faire place à d’autres formes d’épargne.
Selon plusieurs témoignages recueillis, les règles strictes de la tontine qui sont versements périodiques, sanctions en cas de retard et pression sociale apparaissent comme des contraintes pour certains hommes. « Beaucoup préfèrent des solutions plus flexibles, comme les transferts mobiles ou les microfinances, où l’on dépose selon ses moyens », explique Jean-Claude, économiste.
Pour Ahmat Brahim, opérateur économique, avec la montée des services financiers numériques comme Airtel, Moov et Orange Money, ainsi que l’expansion des institutions de microcrédit, plusieurs hommes se tournent vers ces dispositifs jugés plus modernes et adaptés à leurs besoins. « Les applications de mobile money offrent, par exemple, une autonomie totale et évitent les engagements collectifs souvent lourds », poursuit-il.
La méfiance joue également un rôle dans le recul de la participation des hommes à la tontine. Des cas de mauvaise gestion ou de détournement de fonds dans certaines tontines ont entamé la confiance, particulièrement chez les hommes qui, selon Modou Issa Abakar, « préfèrent désormais confier leur argent à des structures plus formelles ».
Malgré ce déclin, certains hommes, notamment les détenteurs d’alimentations, de boutiques et autres commerces, continuent à demeurer dans les groupes de tontine, qui selon eux « contribuent à faire avancer leur business ». Ainsi, le recul de l’implication masculine ne signe pas la fin de la tontine, mais révèle une transformation des pratiques financières.
Nodjihidi Franclin/Hamama Média
