Les cas de violences envers les enfants au Tchad pointent vers une hausse significative. Cette augmentation préoccupante des cas nécessite une attention et des actions concrètes.

Les cas de violences sexuelles et des travaux forcés des enfants montent en flèche, avec une augmentation de 15 %. Les organisations locales de défense des droits des enfants soulignent que ces chiffres pourraient sous-estimer la réalité, car de nombreuses victimes n’osent pas signaler ces crimes par peur de représailles.

La Directrice du PILC (Public interest law center), Kemneloum Delphine, souligne que 197 cas de violences faites aux enfants sont traités en 2023. Selon elle, ce chiffre est déplorable.

«Nous traitons toutes sortes de violences faites aux femmes et aux enfants au PILC. L’âge des victimes varie entre 4 et 35 ans. Le cas de viol des enfants dont l’âge varie entre 8 à 12 ans est aussi à signaler. C’est vraiment lamentable », affirme-t-elle.

Les enfants sont les plus maltraités par leurs parents adoptifs. Ils sont forcés de faire tous les travaux ménagers qui dépassent leurs âges. La majorité n’est pas scolarisée.

C’est le cas de Claudine, une victime âgée de 12 ans, qui explique qu’elle a été maltraitée par la femme de son oncle. Selon elle, malgré toutes les tâches ménagères, sa belle-mère la force à faire le commerce. Mais elle n’a jamais été inscrite à l’école.

« Quand je me lève le matin à 5h, je nettoie la maison, je lave les tasses, les habits et je prépare à manger. Ensuite, je pars au marché pour vendre les patates pour rentrer à 17h chaque jour, alors que les enfants de nos voisins partent à l’école », se lamente-t-elle.

Dans de nombreuses localités du pays, les enfants sont exploités pour faire des travaux forcés. Ils transportent de lourdes marchandises sur la tête et dans les pousse-pousses. Certains deviennent des enfants bouviers.

La plupart des filles âgées d’environ 3 à 17 ans sont violées par les hommes de 30 à 75 ans. Le cas de ces vols ne cesse d’augmenter et récurrent dans les provinces.

À Sarh, au quartier Baguirmi, une fille dénommée Nelomta Grâce, âgée de 6 ans a été violée par leur voisin, Masra Florent âgé 45 ans. D’après les témoignages, le monsieur a attendu l’absence de la mère de Nelomta pour l’envoyer acheter du pain à la boutique. Lorsque la fille est revenue, Florent était dans sa chambre et lui a dit d’entrer avec le pain. Et c’est de là où, il a violée la fillette.

«Quand je suis rentrée, je trouvais ma fille étrange, elle écartait ses jambes pour marcher. Je lui ai demandé pourquoi elle marchait comme ça ? Elle m’a dit qu’elle a mal au vagin. Je l’ai amené à l’hôpital, le médecin m’a dit que ma fille a été violée. J’étais traumatisée. C’est le médecin qui lui a demandé à savoir l’auteur du viol. Elle ne voulait pas dire, ce dernier a insisté et elle a dit que c’est Florent, notre voisin qui l’a violé. L’affaire est jusqu’à présent à la justice, » explique yanyam Honorine, la mère de la fille.

De tout ce qui précède, les parents et les autorités tchadiennes sont interpellés à redoubler d’efforts pour protéger les enfants. Le droit des enfants doit être également respecté.

Enfin, les ONG et la société civile qui œuvrent pour le droit de l’enfant, doivent mener des bonnes actions qui sont, entre autres, le renforcement des lois existantes, la sensibilisation accrue et l’assistance renforcée aux victimes afin de lutter contre les violences faites aux enfants au Tchad.