La natalité recule sur tous les continents. Selon l’ONU, ce n’est pas un rejet de la parentalité, mais un manque de choix : coût de la vie, inégalités de genre et incertitude économique freinent de nombreux couples dans leur désir d’enfants.
Dans les foyers les plus modestes, plusieurs facteurs expliquent une natalité plus élevée :
– Sécurité économique : les enfants sont perçus comme une force de travail et un soutien pour les parents vieillissants, surtout là où les systèmes de retraite ou de protection sociale sont inexistants.
– Accès limité à la contraception : les familles pauvres disposent de moins de services de santé reproductive.
– Normes sociales et culturelles : dans certaines sociétés, avoir beaucoup d’enfants reste un signe de prestige ou de continuité familiale.
– Espoir face à la mortalité infantile : dans les régions où celle-ci demeure élevée, les familles multiplient les naissances pour « assurer » la survie d’une partie de la descendance.
– Manque d’opportunités pour les femmes : là où l’éducation et l’emploi féminin sont restreints, la maternité devient le rôle principal.
Pourtant, les études montrent que plus l’éducation et l’autonomie des femmes progressent, plus la natalité diminue. Les politiques publiques favorisant l’accès à l’école, à la santé et à l’emploi contribuent à réduire la taille des familles. Dans les pays émergents, la transition démographique est déjà en cours : les familles pauvres d’aujourd’hui ont moins d’enfants qu’il y a trente ans.
À N’Djamena, certains dénoncent le poids de cette réalité.
« Il faut que les enfants mangent, aillent à l’école, se soignent… mais si je n’ai pas assez de moyens, pourquoi faire beaucoup d’enfants ? », s’indigne un habitant du 9e arrondissement.
La perception selon laquelle les familles démunies « font de plus en plus d’enfants » relève donc en partie du cliché. Elles en ont certes davantage que les familles aisées, mais la tendance générale est à la baisse. Le véritable enjeu reste l’accès à l’éducation, à l’égalité des sexes et aux soins, clés d’un équilibre durable de la natalité.
