Sur Instagram, TikTok ou Facebook, les « influenceurs » exposent un quotidien fait de voyages, de voitures de luxe et de partenariats rémunérés. Leur réussite semble découler uniquement de leur popularité en ligne. Par exemple, certains jeunes suivent des influenceurs qui gagnent des revenus grâce à des placements de produits ou des vidéos virales, sans jamais évoquer un parcours scolaire ou professionnel.
À l’école, cette image de réussite rapide influence directement les élèves. Des enseignants rapportent que certains enfants préfèrent imiter les attitudes des influenceurs plutôt que de se concentrer sur leurs cours. Dans une classe de N’Djamena, un instituteur explique que plusieurs élèves passent plus de temps à discuter de leurs “idoles” sur TikTok qu’à réviser leurs leçons.
Beaucoup d’enfants pensent désormais que l’école est inutile. Ils voient des influenceurs qui, selon eux, ont “réussi sans diplôme”. Un élève de collège confiait récemment à son professeur : « Pourquoi continuer à étudier si je peux devenir célèbre sur TikTok et gagner de l’argent ? » Cette perception fragilise la motivation scolaire et alimente le décrochage.
Au-delà du rejet de l’école, certains contenus véhiculent des comportements dangereux : consommation ostentatoire, banalisation de la violence verbale ou valorisation de relations superficielles. Par exemple, des influenceurs incitent leurs abonnés à relever des “défis” risqués, parfois repris par des enfants en milieu scolaire. Ces pratiques peuvent avoir des conséquences sur la discipline, la santé et la sécurité des élèves.
La vie des influenceurs, largement médiatisée, façonne les aspirations des enfants et remet en question la valeur de l’éducation. Si elle peut inspirer créativité et ambition, elle véhicule aussi des illusions et des modèles malsains. Le rôle des parents, des enseignants et des médias est essentiel pour développer l’esprit critique des jeunes et rappeler que l’école reste la base solide d’un avenir durable.
