6 novembre 2026
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Trop d’eau en 2024, pas assez en 2026. La campagne agricole tchadienne s’annonce particulièrement difficile. Face à la rareté et à l’irrégularité des pluies, une petite graine cristallise tous les espoirs : la S35.

Une semence de survie

Développée par l’Institut Tchadien de Recherche Agronomique pour le Développement (ITRAD), la S35 est une variété améliorée de sorgho à cycle court, 90 à 100 jours contre 120 à 150 jours pour les variétés locales.

Son avantage? Elle tolère mieux la chaleur au-delà de 35°C, résiste au stress hydrique et arrive à maturité même avec des séquences sèches prolongées, qui perturbent actuellement la campagne de l’Est au Sud du pays.

Sur les parcelles d’essai de l’ITRAD, elle est associée au K3R et au Kolmon Rouge comme variétés de référence pour l’adaptation au changement climatique.

Le spectre d’une crise alimentaire

L’enjeu est vital. Le gouvernement lui-même alerte sur un « déficit pluviométrique préoccupant » susceptible d’affecter les productions. Le mil et le sorgho, bases de l’alimentation nationale, sont en première ligne. 2914

Le 9 septembre 2026, deux arrêtés ont été signés le même jour pour verrouiller le grenier national : interdiction d’exporter le mil, maïs, riz, sorgho et blé, et exonération des taxes à l’importation pour ces mêmes produits.

Une réponse d’urgence qui illustre le chaos climatique. Comme le soulignent les études : « Le changement climatique aura un impact négatif sur les rendements du maïs, du mil et du sorgho », et l’utilisation de variétés améliorées doit être envisagée comme stratégie d’adaptation.

La course contre la montre

Pour les paysans du Ouaddaï, du Guéra ou des Logone, la S35 n’est plus une simple semence, c’est une assurance récolte. Mais sa diffusion reste limitée. Entre les pertes de 432 000 hectares en 2024 dues aux inondations et le déficit de 2026, le Tchad joue sa sécurité alimentaire sur sa capacité à imposer ces variétés résilientes.

L’agronomie tchadienne n’a plus le luxe d’attendre la pluie. Elle doit désormais la devancer.

Teyane Bertrand