16 octobre 2026
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Le tribunal militaire de Yaoundé a condamné jeudi trois soldats camerounais à des peines de prison pour leur rôle dans le massacre de Ngarbuh, survenu en février 2020 dans le Nord-Ouest anglophone. L’attaque avait coûté la vie à au moins 21 civils, dont treize enfants et une femme enceinte.

Selon les avocats des victimes, les peines prononcées sont les suivantes :

  • Sergent Baba Guida : 8 ans de prison
  • Gendarme Haranga Gilbert : 10 ans de prison
  • Caporal Sanding Sanding : 5 ans de prison

Human Rights Watch avait dénoncé à l’époque une opération menée conjointement par des militaires et des miliciens peuls, marquée par des incendies de maisons, des agressions et des pillages.

Ces condamnations sont considérées comme rares dans un pays où l’impunité des forces armées est souvent pointée du doigt. Pour plusieurs observateurs, elles constituent un signal fort en matière de responsabilité judiciaire.

Le massacre de Ngarbuh s’inscrit dans le contexte du conflit qui secoue depuis 2016 les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Les séparatistes y dénoncent la marginalisation des populations anglophones.

La répression des manifestations pacifiques par le président Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies, a entraîné une escalade de violences. D’après Human Rights Watch, près de 6 000 civils ont été tués depuis le début des hostilités.