17 octobre 2026
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Entre les ministères de la Femme et de l’Aménagement du territoire, le spectacle est quotidien. Alors que les cloches des établissements scolaires résonnent, des dizaines d’enfants et d’adolescents préfèrent le cuir du ballon au papier des cahiers. Reportage au cœur d’une jeunesse qui s’éduque dans la rue.
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‎Il est 11 heures du matin. Sous un soleil qui commence à darder ses rayons sur la capitale, l’avenue située entre le ministère de la Femme et celui de l’Aménagement du territoire s’anime d’une ferveur particulière. Ici, pas de dossiers administratifs ni de réunions de cabinet, mais des cris de joie, des tacles sur l’espace libre et une poussière qui s’élève au rythme des courses effrénées.


‎Ils sont plus d’une cinquantaine, âgés de 7 à 19 ans, à avoir transformé cet espace public en un terrain de football improvisé.
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‎Le contraste est saisissant. Pendant que certains jeunes de leur âge rentrent de classe, cartables au dos et uniformes impeccables, Moussa, environ 10 ans, s’arrête un instant pour reprendre son souffle. Interrogé sur son absence des salles de classe, sa réponse fuse en arabe local, teintée d’une franchise désarmante : « Je ne vais pas à l’école, moi et mes amis nous préférons joué au foot balle.›› souligne Moussa.

‎Pour Moussa et ses camarades, l’école semble être un monde lointain, presque étranger. Leur quotidien se résume à la boule. Du lever du soleil jusqu’au crépuscule, l’espace est leur seul horizon pédagogique.
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‎Un fossé entre discours officiels et réalité
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‎Pourtant, le slogan est connu de tous : « L’éducation est une priorité nationale ». Le gouvernement tchadien, soutenu par de nombreuses ONG internationales, multiplie les campagnes de sensibilisation pour scolariser chaque enfant. Mais sur le terrain, la réalité offre un tout autre visage.


‎Dans plusieurs quartiers de N’Djamena, le phénomène des enfants de la rue ou des jeunes déscolarisés livrés à eux-mêmes prend de l’ampleur. Si le football est un sport noble, il devient ici le refuge d’une jeunesse abandonnée, faute de moyens financiers des parents ou de structures d’encadrement adéquates.
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‎L’abandon de ces enfants à la merci du football de rue pose une question cruciale : quel avenir pour ces jeunes qui grandissent sans instruction de base ? Si le talent sportif est indéniable chez certains, l’absence d’alphabétisation reste un frein majeur à leur insertion sociale et professionnelle future.
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‎Entre les murs des ministères voisins, les politiques se décident. Mais dehors, sur les espaces vides, c’est une génération entière qui semble jouer son destin sur un coup de dé, ou plutôt, sur un coup de ballon.