Au début de l’été 2025, le Tchad a enregistré une nouvelle flambée de choléra. L’Organisation mondiale de la Santé rapporte 776 cas et 53 décès (soit 6,8 % de létalité) entre le 13 juillet et le 19 août. Cette recrudescence, qui touche plusieurs villes, rappelle l’urgence sanitaire les maladies hydriques (liées à l’eau contaminée ou au manque d’hygiène) provoquent des diarrhées aiguës aux conséquences graves.
Selon l’OMS, seul un accès permanent à l’eau potable, un assainissement correct et des pratiques d’hygiène rigoureuses (en particulier le lavage régulier des mains) peut endiguer durablement une épidémie de choléra .
Ces dernières années, des stations de lavage des mains ont fleuri devant écoles, restaurants et lieux de culte au Tchad, notamment lors de la crise du COVID-19. Ce simple geste a fait ses preuves :
selon les Centers for Disease Control (CDC, États-Unis), l’éducation au lavage régulier des mains peut réduire de 23 à 40 % les cas de diarrhée . Plus généralement, on estime qu’un lavage systématique des mains prévient environ 30 % des maladies diarrhéiques chez les enfants.
Maintenir cette habitude collective est donc crucial pour briser la chaîne de transmission des germes responsables du choléra et autres infections hydriques.
Cette mesure est d’ailleurs appréciée par la population. À Ridina, la gérante d’une cafétéria assure que la simple présence d’un point d’eau à l’entrée rassure ses clients et améliore la propreté de ses produits. « Avant de toucher nos plats, les gens se désinfectent les mains, ils se sentent plus en confiance », rapporte-t-elle.
À Amtoukoui, Madjadoum Sylvain, père de famille, explique que ses enfants se lavent désormais plusieurs fois par jour « Les petites diarrhées ont presque disparu », témoigne-t-il. Dans ces foyers, le lavage des mains est devenu un réflexe qui contribue à renforcer l’hygiène familiale.
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à généraliser les points de lavage et les actions d’information. Il s’agit notamment de :
Installer des dispositifs de lavage des mains équipés d’eau propre et de savon dans tous les lieux publics (écoles, marchés, restaurants, lieux de culte, etc.) .
Veiller à la maintenance des latrines et encourager leur usage afin d’éviter la défécation en plein air .
Lancer des campagnes régulières de sensibilisation auprès de la population notamment les enfants sur l’importance de se laver les mains avant les repas et après être allé aux toilettes .
Renforcer la surveillance sanitaire locale et garantir un traitement rapide (par réhydratation, par exemple) de toute diarrhée suspecte pour éviter la propagation.
Ces mesures simples et peu coûteuses peuvent considérablement réduire la propagation du choléra et d’autres maladies hydriques dans les zones à forte densité de population.
Nekarmbaye Roseline/ Hamama média
