Dans de nombreuses sociétés africaines, et particulièrement au Tchad, la rédaction du testament au sein des familles reste un véritable défi pour les chefs de famille. Le testament est un sujet à la fois juridique, social et moral, puisqu’il touche à la transmission du patrimoine, aux relations entre héritiers et à la préservation de l’harmonie familiale. Pourtant, ce document, qui devrait constituer une garantie pour les héritiers après le décès du chef de famille, devient de plus en plus une source de division dans de nombreuses familles tchadiennes.
Aujourd’hui, malgré les règles juridiques qui encadrent ce document, la tradition continue souvent de prévaloir, notamment par ignorance de certains parents, en particulier ceux issus du milieu rural. Pour beaucoup, un « simple papier » ne peut en aucun cas les « priver des biens leur enfant. »
Cette situation, de plus en plus préoccupante, affecte la plupart des familles tchadiennes, surtout dans le cas de mariages polygamiques. Lorsqu’un chef de famille décide d’attribuer davantage de responsabilités à l’un de ses enfants issus de foyers différents, cela devient presque toujours un sujet de discorde entre les héritiers.
Pour Nadjitam, la question du testament demeure un véritable vide au Tchad. « Beaucoup de personnes ne considèrent pas ce document, malgré son importance qui devrait garantir l’avenir des enfants après le décès de leur père », explique-t-il.
De son côté, Robin estime que le problème est lié à l’éducation et au manque de connaissances juridiques de la population. « La majorité des Tchadiens reste analphabète, et c’est là la principale difficulté qui explique le non-respect et la réticence des chefs de famille à rédiger un testament », affirme-t-il.
Le testament reste pourtant un document juridique essentiel, garant de la survie et de la stabilité familiale après la disparition du chef de famille. Les responsables de foyers devraient prendre leurs responsabilités en rédigeant ce document, qui s’avère plus que jamais nécessaire pour assurer l’avenir et la protection de leurs enfants.
Nodjihidi Franclin/Hamama Média
