L’Association pour la Réinsertion des Enfants et la Défense des Droits Humains (ARED) a effectué ce 18 avril 2025 une visite à la maison d’arrêt de Koumra, dans le cadre de son projet « Briser les chaînes de l’exploitation du travail des enfants » financé par Woord en Daad. Cette initiative a été rendue possible grâce à une demande adressée et accordée par le parquet de Koumra.
Au cours de cette visite, les membres de l’ARED ont constaté que les conditions de détention étaient extrêmement difficiles et ne respectaient pas les normes internationales. Les cellules sont vétustes et surpeuplées, ce qui viole les droits fondamentaux des détenus, notamment leur droit à la sécurité et à un traitement exempt de cruauté, d’inhumanité ou de dégradation. Les droits à des soins médicaux appropriés, à l’accès à de l’eau potable, à une alimentation adéquate et à des équipements essentiels sont également souvent bafoués.
La majorité des personnes incarcérées dans les prisons tchadiennes sont issues de milieux pauvres, sans instruction, et leur accès à un avocat est souvent limité, voire inexistant. De nombreux détenus se retrouvent en détention provisoire pendant de longues périodes sans jugement. Parmi eux, un mineur est détenu depuis plus de deux ans sans procès, tandis qu’un autre mineur a été condamné à 30 ans par la cour criminelle.
Bien que les droits des personnes privées de liberté soient inscrits dans de nombreuses normes internationales ainsi que dans la constitution et la législation tchadienne, leur respect demeure insuffisant.
À l’issue de cette visite, Maître Nassar Aïnan Kounangué, avocat au barreau du Tchad et président du comité local de lutte contre la traite, a souligné l’urgence de la situation. Il a insisté sur les besoins fondamentaux des détenus, notamment l’accès à l’eau, à l’hygiène et à une réinsertion appropriée après leur peine. Il a également mis en avant la nécessité d’un suivi particulier pour les mineurs en détention, tant sur le plan juridique que pour leur préparation à la réintégration.
Maître Kounangué a également appelé à une intervention urgente pour le curetage des fosses septiques de la prison. Les conditions matérielles sont alarmantes, avec des détenus contraints de dormir à même le sol en raison du manque de nattes et d’équipements didactiques pour leur réinsertion.
Un appel vibrant a été lancé aux organisations privées et publiques ainsi qu’aux personnes de bonne volonté pour venir en aide aux détenus et améliorer leurs conditions de vie.
