21 octobre 2026
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Saturations des morgues, flambée épidémique et cimetières pris d’assaut : la situation sanitaire à N’Djamena atteint un seuil critique. Dans une déclaration, Olivier Mbaihouadji, président du Mouvement du Peuple pour l’Alternance (MPA), tire la sonnette d’alarme sur la surmortalité observée dans la capitale et dénonce le manque d’anticipation des pouvoirs publics.

À N’Djamena, l’urgence sanitaire se lit désormais au quotidien dans les cimetières de la ville. Face à ce qu’il qualifie de détresse nationale, l’homme politique Olivier Mbaihouadji, président du parti d’opposition MPA, est monté au créneau pour dénoncer la gestion du secteur de la santé.

« Entre 80 et 150 décès par jour » : un constat alarmant

Selon le leader du MPA, la capitale tchadienne enregistre une mortalité quotidienne particulièrement préoccupante. Au cours des deux derniers mois, les estimations de terrain font état de 80 à 150 décès inhumés chaque jour dans la capitale.

« Les cimetières de la capitale sont débordés », alerte Olivier Mbaihouadji, pointant du doigt l’afflux continu de dépouilles dans les principales dernières demeures de la ville, notamment à Toukra et Lamadji.

Sur le terrain, les témoignages du personnel funéraire confirment une pression sans précédent : à Toukra, des agents rapportent avoir dépassé la barre des 300 inhumations en une seule semaine, tandis que le site de Lamadji enregistre un afflux encore supérieur.

Cette surmortalité met à rude épreuve un système de santé déjà fragilisé par la prolifération de plusieurs épidémies, notamment le paludisme, la dengue et le choléra. Dans les hôpitaux, la saturation des morgues force les familles à organiser des obsèques dans la précipitation, à la suite notamment des appels d’urgence lancés par le Centre hospitalo-universitaire (CHU) de référence nationale pour le retrait immédiat des corps.

Au-delà de la crise immédiate, Olivier Mbaihouadji soulève également un problème structurel majeur : l’absence d’un système rigoureux et centralisé d’enregistrement des décès au Tchad. Cette carence administrative empêche la publication de statistiques officielles fiables, occultant la réalité des chiffres de mortalité et freinant la mise en place de politiques de santé publique adaptées.

Pour le président du MPA, seule une « réorganisation sanitaire » profonde et structurée permettra d’enrayer l’hécatombe et d’assurer une prise en charge digne des malades comme des défunts.

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