16 octobre 2026
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Puisque promouvoir subrepticement en Afrique cette pratique rejetée par les Africains ne suffit plus, les puissances occidentales ont décidé de passer à la vitesse supérieure, quitte à fouler aux pieds législations, mœurs et règles de coopération multilatérale. 

Le 5 juin 2023, l’ambassade de France au Cameroun saisit le ministère camerounais des Relations extérieures par une note verbale pour l’informer de la visite, du 27 juin au 1er juillet 2023, de M. Jean-Marc Berthon, ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+. A l’ordre de cette visite notoirement outrageuse pour la loi et les mœurs camerounaises, il y a une rencontre avec les tapettes qui vivent cachées dans les couloirs des villes camerounaises, une conférence pour sensibiliser les populations à les laisser faire et ou à faire comme elles. Pour tout dire, le sol camerounais devrait être, durant les six jours de séjour de M. Jean-Marc Machin, accueillir une sorte de Gay Pride, l’équivalent français de la marche des fiertés, qui rassemble tous les invertis ou transgenres : gays et lesbiennes, exhibant au passage le drapeau aux couleurs de l’arc-en-ciel, leur symbole universel.

Mais, bonnes gardiennes des valeurs sociales et culturelles de leur pays, les autorités camerounaises n’ont pas attendu d’être priées pour y répondre, avec fermeté, par un cinglant NON. « Le Ministère des Relations Extérieures de la République du Cameroun présente ses compliments à l’Ambassade de France au Cameroun et en accusant réception de sa Note Verbale N° 2023-0252487 du 05 juin 2023, relative à la visite au Cameroun de M. Jean-Marc BERTHON, Ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+, du mardi 27 juin 2023 au 1er juillet 2023. A l’honneur de lui signifier son opposition pour toutes activités initiées et programmées par Jean-Marc BERTHON, au Cameroun à ce sujet, pour la période du 27 juin au 1er juillet 2023. En conséquence, le Ministère des Relations Extérieures saurait gré à l’Ambassade de bien vouloir se conformer à cette position du Gouvernement Camerounais ». Non seulement Jean-Marc Berthon et sa bande n’ont pas pu fouler le sol camerounais pour y accomplir leur dessein impérialiste, mais aussi, ils apprendront que le « Cameroun est un pays qu’on ne méprise pas » (ainsi chantait Vanister Enama), le peuple camerounais ne se contente pas de rejeter les pratiques LGBTQ…, il en a fait une infraction sévèrement punie par la loi (par une peine d’emprisonnement allant de six mois à cinq ans).

Quid du Tchad du Maréchal Idriss Déby Itno ? Si La Voix y a consacré une petite enquête il y a trois ans, la pratique d’homosexualité semble avoir trouvé un terreau fertile dans un pays qui se réclame à majorité musulmane (53 %) et chrétienne à 40 % (selon certaines sources). La preuve par ce qui s’observe [la nuit] dans certains quartiers de la capitale et chez certains hauts cadres de l’administration publique et privée. Et qui a d’autant été récemment et officiellement confirmé par l’ambassadeur des Etats-Unis au Tchad.

Le 17 mai 2023, l’ambassade des Etats-Unis au Tchad fait une publication en arable sur sa page Facebook (qui l’a traduite automatiquement en français) : « Nous avons commémoré la Journée Internationale de la Lutte Contre l’homophobie par une discussion entre partenaires locaux et internationaux. Je sais que certains de mes amis tchadiens ne sont pas d’accord avec moi sur la question des droits des LGBTQ, mais mes pensées en ce jour se tournent vers les jeunes Tchadiens qui se sentent seuls, honteux et effrayés en raison de leur orientation sexuelle. Le message que je leur adresse-à mes frères et sœurs- est qu’ils ne sont pas seuls, qu’ils n’ont pas à avoir honte et qu’ils ont des amis américains et tchadiens dont l’objectif est de veiller à ce qu’ils puissent mener leur vie sans crainte ».

La sortie d’Alexander Mark Laskaris, le diplomate américain qui a organisé cette rencontre « entre partenaires locaux et internationaux » sur le sol et dans la capitale du Tchad pour promouvoir une pratique interdite par la loi tchadienne, comporte trois messages à l’endroit des Tchadiens en particulier et des Africains en général :

1. même si la loi, les religions et les mœurs tchadiennes cumulées interdissent les pratiques LGBTQ, nous sommes les Etats-Unis, la première puissance mondiale ; nous faisons ce que nous voulons où nous voulons comme nous voulons et quand nous voulons, comme, par exemple, livrer à l’Ukraine, les armes à sous munitions, au mépris de la Convention de Dublin du 30 mai 2008 ;

2. les homosexuels n’ont rien à craindre au Tchad tant que les Etats-Unis et autres forces occidentales sont avec et pour eux ;

3. dans les années à venir, le gouvernement tchadien pourrait être amené à dépénaliser cette pratique.

Plus ahurissant est le silence gardé par le gouvernement tchadien face à cette sortie qui pue à plein nez, comme au Cameroun, le manque de considération pour les Africains, leurs pays et leurs législations. Plus incompréhensible a été le mutisme du Conseil supérieur des affaires islamiques et autres associations religieuses sur une question qui touche directement les fondements de l’islam et du christianisme. Seul, en son nom propre certainement, le ministre de la Justice, Ahmad Mahamat Alhabo, a fait une sortie pour nonchalamment rappeler que « l’homosexualité est interdite par la loi tchadienne. Commémorer cette journée c’est enfreindre la législation tchadienne ».

Au Cameroun où le fait a fait couler tant d’encre et de salive, un internaute l’a ainsi commenté : « Est-ce que ces donneurs de leçons peuvent accepter une conférence sur la polygamie en France ? » Comme pour dire : à chacun sa culture et un peu de respect pour la nôtre !

Même au sein de l’opinion française, la tentative avortée de Jean-Marc Berthon de venir piétiner la loi et les mœurs camerounaises a été très critiquée et perçue comme une bourde de la part des dirigeants de la France, dont la politique africaine est à l’origine d’un profond sentiment de rejet qui se généralise ces derniers ans, surtout parmi les plus jeunes. C’est ce qu’a dit Jacques Sapir, spécialiste des questions stratégiques : « …Envoyer un ambassadeur spécifique sur ces questions-là alors que, au Cameroun, on attendait plutôt des propositions sur le développement, c’est hors sujet (une tentative d’ingérence ratée en plus et hors sujet, commente la journaliste qui le recevait sur le plateau de TVL, le 1er juillet dernier) ; on est hors sujet, si vous voulez et c’est ça qui est dramatique. Après, on va dire oui, la perte d’influence française en Afrique, c’est Wagner (ndlr, la force paramilitaire russe). Je ne dis pas que Wagner n’y contribue pas, mais pourquoi Wagner peut-il y contribuer ? Parce que nous sommes désormais systématiquement hors sujet, même chose pour les Etats-Unis. Et tant qu’on ne comprendra pas ça, tant qu’on ne comprendra pas que, il y a une demande massive en termes de développement et que les gens qui sont capables d’y répondre sont les gens qui pourront parler à ces pays et que pour l’instant eux seuls qui le font, ce sont la Chine, l’Inde et la Russie, eh bien on n’avancera pas ».

Grâce à leur con–ne–rie, Jean-Marc Berthon et cie ont réussi à davantage réveiller les Africains sur l’intention des Occidentaux de leur imposer les pratiques LGBT+ de sorte qu’on se demande s’ils ne travaillent pas pour Wagner.

Source : Journal La Voix