La Cour des comptes du Tchad a ouvert, ce lundi 5 octobre 2026, son année judiciaire 2026-2027, en présence du Premier ministre, Ambassadeur Allah-Maye Halina.
Dans son discours d’ouverture, la présidente de la haute juridiction financière, Zara Ibrahim Mahamat Itno, a dressé le bilan de l’exercice écoulé 2025-2026, marqué selon elle par une consolidation des méthodes de travail et un renforcement du rôle de la Cour dans la surveillance des deniers publics.
Sur le plan juridictionnel, l’institution a annoncé 28 nouveaux comptes de gestion de comptables publics mis en jugement, portant à 66 le nombre de procédures en cours d’instruction. Le Parquet général a, de son côté, adressé plus de 40 mises en demeure à des comptables d’établissements publics et à des receveurs communaux n’ayant pas produit leurs comptes.
Les missions de contrôle et d’audit menées dans plusieurs communes de N’Djamena, établissements publics et programmes ont révélé des faiblesses persistantes : défaut de gouvernance, insuffisance du contrôle interne, manque de justification des dépenses, irrégularités dans la passation des marchés publics et mauvaise gestion du patrimoine.
La Cour a également pointé du doigt les difficultés dans l’exécution des lois de finances et le faible suivi de ses recommandations.
Pour la nouvelle année judiciaire, la Cour des comptes entend muscler ses interventions. Au programme : renforcement du contrôle des collectivités territoriales, des établissements et entreprises publics, multiplication des audits financiers et de performance, et développement des contrôles fondés sur les risques.
La présidente a enfin plaidé pour une meilleure articulation entre les inspections, les organes de contrôle financier, les structures de lutte contre la corruption, le Parlement et les autres acteurs. Pour elle, la complémentarité des contrôles est le véritable levier de la transparence et de la bonne gouvernance.
