20 septembre 2024

Accusé d’avoir perçu des financements étrangers pour ses médias Radio M et Maghreb Emergent, le patron de presse a été condamné en appel à sept ans de prison, dont cinq ferme.

La Cour d’appel d’Alger a alourdi dimanche une peine infligée au patron de presse Ihsane El Kadi, en le condamnant à sept ans de prison, dont cinq ans ferme, a annoncé le représentant pour l’Afrique du Nord de Reporters sans frontières (RSF), Khaled Drareni.

En première instance, Ihsane El Kadi, poursuivi pour « financement étranger de son entreprise », avait écopé le 2 avril de cinq ans de prison dont trois ans ferme. « Un verdict choquant et incompréhensible », a écrit sur Twitter le représentant de RSF.

Lors du procès en appel qui s’est tenu le 4 juin, le procureur général avait requis la confirmation de la condamnation en première instance du patron de presse.

Ihsane El Kadi, 63 ans, dirigeant d’un des derniers groupes de presse privés et indépendants d’Algérie – qui comprend Radio M et le site d’information Maghreb Emergent –, est emprisonné depuis le 29 décembre. Son arrestation a suscité une vague de solidarité parmi ses collègues et les militants des droits humains en Algérie et en Europe.

Il est accusé « d’avoir reçu des sommes d’argent et des privilèges de la part de personnes et d’organisations dans le pays et à l’étranger afin de se livrer à des activités susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l’État et sa stabilité », avait indiqué la Cour d’Alger. La justice avait également prononcé la dissolution de sa société Interface Médias et la confiscation de tous ses biens saisis outre des amendes contre lui et ses entreprises.

Dans une résolution adoptée le 11 mai, le Parlement européen a demandé la « libération immédiate et inconditionnelle » du patron de presse et appelé les autorités algériennes à respecter la liberté des médias.

Le journaliste algérien Ihsane El-Kadi maintenu en détention, malgré l’absence de ses avocats

Le Parlement algérien avait réagi à cette prise de position la qualifiant d’« ingérence flagrante dans les affaires d’un pays souverain ». Il avait exprimé son « rejet catégorique » du texte « rempli de terribles contre-vérités » voté par les eurodéputés.

Jeune Afrique avec AFP