ll y a de cela 3 ans que l’ancien président tchadien, Hissein Habré est mort, alors en condamnation à perpétuité pour crime contre l’humanité à Dakar au Sénégal.Hissein Habré, ancien président du Tchad, a gouverné le pays de 1982 à 1990 avant d’être renversé par Idriss Déby. Son règne est souvent synonyme de répression et de violations massives des droits humains, mais il présente également des éléments de stabilité économique et politique qui méritent d’être examinés.
La Gouvernance de Hissein Habré
Habré a été condamné à la perpétuité pour crimes contre l’humanité. Cependant, durant ses années au pouvoir, il a su instaurer un certain ordre. L’autorité de l’État était respectée, et il y avait moins de corruption comparativement à d’autres régimes en Afrique centrale et celui d’Idriss Déby Intno, qui serait mort le 21 avril 2021 au combat, et de son fils, Mahamat Idriss Deby Itno. De plus, malgré des ressources limitées, l’économie tchadienne a connu une période relativement stable. Habré a su résister aux ingérences extérieures, ce qui a permis au Tchad de maintenir une certaine autonomie sur la scène internationale.
Cependant, cette stabilité est entachée par les méthodes brutales qu’il a utilisées pour maintenir son pouvoir. La répression des opposants politiques et les violations des droits humains ont créé un climat de peur au sein de la population. La DDS (Direction de Documentation et de Sécurité), son service secret redouté, était un instrument clé dans cette répression.
La Transition vers Idriss Déby
Après le renversement d’Habré en 1990, Idriss Déby a pris le pouvoir. Bien que Déby ait initialement promis des réformes démocratiques, son régime s’est rapidement transformé en un système autoritaire similaire à celui de son prédécesseur. Les droits humains ont continué à être bafoués, avec des arrestations arbitraires et une censure sévère de la presse. Jusqu’aujourd’hui, les circonstances de la disparation de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh par exemple restent nos élucidées.
Un aspect particulièrement inquiétant est la manière dont la DDS a été dupliquée et transposée sous le régime des Deby à travers l’ANS (Agence Nationale de Sécurité). L’ANS est devenue un outil efficace pour surveiller et réprimer toute forme d’opposition, perpétuant ainsi les mêmes pratiques répressives que celles instaurées par Habré. Elle fait peur à tout le monde même aux gens du régime et constitue un instrument anti démocratique. Les journalistes ne peuvent plus écrire librement, les activistes doivent vivre dans les cachots, les opposants politiques sérieux sous menaces perpétuelles, etc du fait de l’incompréhension même de cette institution.
Bien que Mahamat Idriss Deby Itno, dont l’élection a été contestée, ait promis des réformes et un retour à un gouvernement civil, les critiques soulignent que son régime ne diffère guère de celui de son père ou d’Habré. Les mêmes dynamiques autoritaires persistent, avec une répression accrue des voix dissidentes et peu de progrès vers une véritable démocratie.
L’héritage de Hissein Habré est complexe et illustre les défis auxquels le Tchad fait face depuis des décennies. Le Tchad continue donc d’être confronté à la nécessité urgente d’une réforme politique significative pour garantir un avenir meilleur à sa population.
TEYANE Bertrand / Hamama Média
