Une mission de l’Inspection Générale des Finances, aiguillonnée par des mains invisibles, cherche des poux sur le crâne tondu de madame Bartchiret née Fatimé Zara Douga Hanana, maire de la ville de N’Djamena.
La mission de I ‘IGF demande des éclaircissements sur la gestion des fonds de souveraineté votés par le conseil municipal et mis à la disposition du maire pour une gestion exclusive. C’est une aberration historique de voir une mission de contrôle, supposée être conduite par des administrateurs-financiers formés, fouiner dans la gestion des fonds de souveraineté. C’est simplement de la bêtise.
Outre le contrôle de la gestion des fonds de souveraineté qui ulcère les énarques véritablement formés, la mission téléguidée se fixe aussi pour objectif de faire la lumière sur la réfection des bureaux des maires, la réforme de deux voitures de fonction et les différents contrats de curage des caniveaux.
De bonnes sources, les différents axes choisis par la mission de contrôle donnent l’air d’être suggérés par un groupe d’intérêts interne qui chercherait à se venger de madame le maire et sa nouvelle équipe qui cherchent à se départir des indélicatesses. Derrière cette cabale, le receveur municipal est particulièrement soupçonné.
Dans la foulée, une partie du personnel de la mairie entend remettre sur la table, la réclamation de son départ après plusieurs tentatives échouées. Le receveur, selon des sources de l’administration communale, aurait tenté de faire signer des états de paiement de créances de plus de 900 millions par le 1er adjoint au maire. «En l’absence de la titulaire, le receveur a monté un état de paiement des créances de plus de 954 millions pour vouloir le faire signer par l’adjoint mais ce dernier a refusé,» confie un conseiller municipal.
Faux, rétorque le receveur Abakar Mahamat Djibrine qui soutient qu’il s’agit juste de la régularisation des paiements effectués sous la gouvernance d’Ibrahim Foullah. «Le marché a été octroyé sous le défunt Oumar Boukar et payé sous Foullah. L’administration étant une continuité, j’ai voulu que le paiement soit régularisé conformément à nos procédures internes. Je n’ai rien à y gagner. D’ailleurs ce n’est pas moi qui ai amené le dossier au maire », soutient-il. Il est en outre accusé d’avoir réformé irrégulièrement plusieurs véhicules, sous la gouvernance de Ali Haroun, à l’insu du Secrétaire Général. Une violation des procédures que décrient plusieurs membres du conseil municipal.
Sur ce, il dit ne pas être concerné par les réformes des engins. Plusieurs autres griefs sont faits au receveur municipal que le ministre des Finances et du Budget n’a pu éjecter de son poste. Un arrêté pris par le ministre, pour le relever de ses fonctions, a été annulé, apprend-on.
En ce moment, l’on murmure que le processus de son éjection est enclenché par madame le maire. C’est alors que l’Inspection Générale des Finances diligente une mission de contrôle dont l’objet est irrespectueux des principes de la science administrative et financière. Une simple coincidence ou un coup d’accélérateur du receveur ?
En tout cas, au sein du conseil municipal, l’on voit derrière cette mission son ombre et celle de l’ex-maire Ali Haroun. Des voix s’élèvent pour dire qu’il s’agit d’une « conspiration» contre madame Bartchiret.
Pour l’heure, l’exécutif communal dit être dans ses 37°C. Le curage de caniveaux, de l’avis des observateurs de la ville, a été un succès jamais réalisé même si les fortes pluies précoces de cette année ont perturbé son déroulement.
Les deux véhicules réformés, sur instruction de madame le maire, sont ceux du Secrétaire Général et de son adjoint. Ce sont des engins utilisés depuis 11 ans. Des techniciens de la commune affirment que la procédure de leur réforme est régulière. La réfection des bureaux des maires relève du concret avec des justificatifs réalistes, affirme un agent de la comptabilité.
Ce contrôle, dont la visée est connue d’avance, risque de se transformer en un traquenard dans lequel risqueront d’être happés ses incitateurs tapis dans l’ombre. A suivre !
Abba Garde

