À N’Djamena, malgré l’urbanisation et la sensibilisation sur l’hygiène, la défécation à l’air libre reste un problème majeur dans plusieurs quartiers. Ce phénomène expose les habitants à de graves maladies, notamment le choléra, qui continue de faire des victimes dans certaines régions du pays.
C’est le cas de Djibrine Dieudonné, habitant du quartier Walia, dans le 9ᵉ arrondissement. Bailleur d’une maison à cour commune, il a récemment pris la décision d’expulser son locataire après plusieurs avertissements restés sans suite.
« Je ne voulais pas en arriver là, mais j’étais dépassé. Je les ai prévenus plusieurs fois, mais rien n’a changé. À chaque fois, les enfants défèquent dehors. Cela dérange énormément les voisins qui se plaignent sans cesse auprès de moi. » confie-il avec frustration.
Cette situation illustre une réalité vécue par de nombreux habitants de la capitale tchadienne. Dans certaines concessions, les latrines sont pleines et les propriétaires tardent à les entretenir. Les locataires, désemparés, se voient contraints de chercher des espaces vides ou la brousse pour leurs besoins.
« Nous n’avons pas le choix, expliquent certains locataires. Les bailleurs refusent souvent de curer les latrines. Pourtant, nous payons cher les loyers. »
Les autorités sanitaires rappellent que la défécation à l’air libre constitue un danger réel pour la santé publique. Les matières fécales rejetées dans la nature contaminent facilement les sources d’eau et les aliments, favorisant ainsi la propagation du choléra et d’autres maladies diarrhéiques.
Face à cette menace, les experts appellent à une responsabilité partagée. Les bailleurs sont invités à entretenir leurs latrines, tandis que les habitants doivent adopter de bons gestes d’hygiène.
La lutte contre le choléra est l’affaire de tous. En gardant notre environnement propre et en évitant la défécation à l’air libre, chaque citoyen contribue à bâtir une communauté plus saine et plus responsable.
Nekarmbaye Roseline / Hamama Média

