16 mai 2026
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L’Est du Tchad est confronté à une crise prolongée avec l’arrivée continue de réfugiés soudanais, fuyant la violence. En combinant les anciennes et les nouvelles arrivées, le nombre total de réfugiés soudanais au Tchad dépasse les 1,2 million. Il sont accueillis dans 37 villages des provinces de l’Est. Chaque semaine, des milliers de nouvelles personnes aisées, exacerbent une situation déjà critique.

Des besoins en explosion, des moyens en chute libre

Malgré l’augmentation exponentielle des besoins, les financements humanitaires diminuent de manière alarmante. Ce gel des fonds met en péril les services essentiels, notamment ceux dédiés à la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles.

Impacts critiques sur les services de santé

« Centre de santé de Farchana : Couvrant plus de 60 000 personnes, le centre ne dispose plus que de 10 personnels sous contrat, contre 32 en 2024. Et pourtant, même à 32, on n’arrivait pas à répondre efficacement aux besoins », déplore DOUFENE OUASSALET, responsable du centre.

Le service de maternité du centre accueille en moyenne 16 000 femmes par mois pour des services vitaux : consultations prénatales, accouchements, postnatales et planification familiale. Ce volume, combiné à la réduction drastique du personnel, accroît le risque de complications non prises en charge et de violations des droits fondamentaux en santé.

Amina, la trentaine, reçue au centre de santé de Farchana pour une consultation prénatale déplore la longue attente depuis que le nombre du personnel a diminué par faute de financement.

« Je suis arrivée au centre de santé très tôt ce matin pour une consultation prénatale, mais cela fait déjà plusieurs heures que j’attends. Il y a trop de femmes et pas assez de sages-femmes. Avant, on ne mettait pas autant de temps, mais maintenant, on dirait que tout ralentit. C’est décourageant, surtout pour nous les femmes enceintes qui avons besoin de soins réguliers et rapides. Je suis aussi surprise de ne plus trouver certains médicaments qu’on recevait avant sans problème. Moi qui suis au septième mois de grossesse, avant, ces médicaments étaient toujours disponibles. Les agents de santé nous disent que c’est parce qu’il n’y a plus assez de financements. Si le soutien continue à diminuer, je crains pour la santé de mon bébé et celle de toutes les femmes du camp. On ne peut pas nous oublier maintenant, » se lamente Amina.

Camp d’Arkoum : Avec plus de 50 000 réfugiés et 20 000 habitants hôtes, les infrastructures et le personnel sont largement insuffisants. Seulement sept sages-femmes gèrent deux camps, compromettant gravement la qualité des soins prénataux, des accouchements et de la planification familiale.

Chaque mois, plus de 700 femmes bénéficient de consultations prénatales, plus de 100 accouchements sont réalisés et plus de 100 personnes sollicitent des services de planification familiale. Pourtant, le centre de santé du camp peine à assurer ces soins vitaux, faute de ressources adéquates.

Selon le responsable du centre Ahmat Goukouni Bichara, seulement sept sages-femmes sont disponibles pour gérer deux camps, couvrant une population de plus de 70 000 habitants. Cette pénurie de personnel qualifié compromet gravement la qualité des soins et met en danger la santé des femmes et des nouveau-nés.

District Sanitaire d’Adré : Face à l’afflux direct du Soudan, la population a explosé à plus de 516 000 personnes. Neuf nouvelles structures sanitaires ont été créées, mais le retrait des partenaires suite au gel des financements affaiblit la capacité de réponse. Les femmes et les filles sont les premières victimes de ce manque de services.

Au début, plusieurs partenaires étaient présents pour nous appuyer. Mais avec le gel du financement, ils se sont retirés ou ont drastiquement réduit leur soutien », explique le médecin chef du district d’Adré, Dr Mahamoud Adam Ahmat.

L’engagement continu de l’UNFPA et l’appel à la communauté internationale

L’UNFPA continue de soutenir les populations concernées en fournissant du personnel, des équipements, des kits et des formations en santé sexuelle et reproductive. Cependant, le Dr Mahamoud Adam Ahmat, médecin chef du district d’Adré, lance un appel pressant à la communauté internationale. Il insiste sur l’urgence de repenser les mécanismes de financement et d’assurer une meilleure coordination pour éviter l’effondrement du système de santé et garantir une prise en charge digne des populations vulnérables.

Cette crise met en évidence l’urgence d’une mobilisation accrue des organisations humanitaires et des autorités compétentes pour améliorer les conditions sanitaires des réfugiés. Sans une intervention rapide et coordonnée, les risques pour la santé des populations vulnérables continueront de s’aggraver. Il est temps de reconnaître l’ampleur du problème et d’apporter des solutions concrètes pour garantir un accès équitable aux soins de santé essentiels.

UNFPA TCHAD