Site icon Hamama Média

Pala : Baisse des prix des céréales, les producteurs s’inquiètent

IMG-20260121-WA0158

Depuis la période des récoltes, les prix des denrées de première nécessité connaissent une baisse notable sur les marchés de la ville de Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, contrairement à la campagne précédente.

Au marché central de Pala, notamment au rond-point Maréchal Idriss Déby Itno, un sac de maïs qui se vendait l’an dernier entre 20 000 et 22 000 FCFA est aujourd’hui cédé entre 9 500 et 10 000 FCFA. Dans les zones rurales environnantes, le même sac est livré par les producteurs à des prix variant entre 6 500 et 7 500 FCFA, selon la distance et les conditions de transport.

Selon Seid Abdallah, commerçant de céréales interrogé sur place, les sacs d’arachide se négocient actuellement entre 26 000 et 28 000 FCFA, en fonction de la qualité, de la forme et de la localité de provenance. Quant au sésame, il est vendu au kilogramme après pesée, à des prix oscillant entre 325 et 350 FCFA. Pour ce revendeur, les prix des céréales sont considérablement en baisse cette année, conformément aux années antérieures.

Cette situation suscite des réactions contrastées au sein de la population. Pour Pitmane Jean, habitant du quartier Yatelim, cette baisse est une bonne nouvelle pour les consommateurs : « C’est positif et salutaire. Nous espérons même que les prix continueront à baisser au profit des ménages. »

En revanche, du côté des producteurs, le mécontentement est perceptible. Fanchakbo Keumaye, du quartier Erde-Baïdo, exprime sa colère : « Nous travaillons durement pendant la saison des pluies et nos produits sont achetés à des prix très bas, alors que les produits pharmaceutiques ne baissent jamais. Les femmes souffrent beaucoup. »

Même son de cloche chez Abba Rouna, habitant du quartier Goubgoub : « J’ai acheté un sac d’engrais à 20 000 FCFA et aujourd’hui on achète mon sac de maïs à 9 000 ou 10 000 FCFA. C’est inacceptable. L’État doit intervenir pour réguler les prix des céréales sur les marchés. »

Pour le chef de secteur de l’ANADER du département de Mayo-Dallah, Boupabé Patalet Roï, les producteurs sont souvent contraints de vendre rapidement leurs récoltes afin de faire face aux besoins essentiels, notamment l’éducation des enfants, la santé et l’alimentation quotidienne. Il souligne que, bien que la campagne agricole passée ait été relativement bonne, une mauvaise gestion des stocks pourrait exposer certaines familles à des difficultés durant la période de soudure. Il exhorte ainsi les agriculteurs à une gestion rationnelle de leurs productions.

La baisse des prix des céréales sur les marchés de la province du Mayo-Kebbi Ouest est diversement appréciée : source de soulagement pour les consommateurs, elle demeure une inquiétude majeure pour les producteurs dont les revenus s’amenuisent.

Tchédjolbé Jean-Claude, Correspondant à Pala

Quitter la version mobile