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Kabbia : les cultivateurs entre espoir et désespoir

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Entre un mince espoir et un profond désarroi, les populations du canton Djarao, dans le département de la Kabbia, redoutent une mauvaise campagne rizicole. Dans cette localité, le riz, véritable pilier de l’économie, occupe une place centrale malgré la présence d’autres cultures vivrières.

L’an dernier déjà, les paysans avaient vu leurs efforts réduits à néant : des milliers d’hectares avaient été engloutis par les inondations, ne laissant qu’un panier à moitié rempli. Cette année, c’est l’effet inverse qui menace : le ciel s’est refermé, les pluies se font rares et les eaux des fleuves tardent à monter. Conséquence, les champs de riz et de mil – les deux principales cultures de la zone – se dessèchent sous les yeux impuissants des cultivateurs.

« C’est vraiment difficile cette année pour la culture du riz. Jusqu’à présent, les champs sont secs, nous n’avons pas d’eau pour développer le riz et le mil rouge n’a pas produit. C’est une famine qui s’annonce. Les feuilles commencent à jaunir, ça fait peur ! », se lamente Gamsou Yacoub, cultivateur du canton.

Dans les marchés, les églises, les veillées funèbres et tout autre lieu de rassemblement, la discussion tourne inévitablement autour de la faible pluviométrie. Certains, comme Étienne Ngavoutta, tentent de garder espoir :
« Dieu est souverain dans sa gloire. Rien ne peut l’empêcher de nous nourrir, car nous sommes l’œuvre de ses mains », console-t-il lors d’un deuil.

Mais face à l’angoisse de ne pas pouvoir nourrir leurs familles dans les jours à venir, certains habitants envisagent déjà de quitter la localité pour le Cameroun voisin ou d’autres régions du Tchad.

Si la situation ne s’améliore pas rapidement, le risque de crise alimentaire paraît inévitable pour de nombreux ménages. En désarroi, la population appelle le gouvernement et les personnes de bonne volonté à intervenir d’urgence pour compenser les pertes et éviter le pire.

Taria Bakka Mathias, correspondant à Gounou-Gaya

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