Dans le canton de Torrock, province du Mayo-Kebbi Ouest, la communauté toupouri du village de Goundaye a célébré son rendez-vous culturel annuel. Entre rituels ancestraux et débats sur l’avenir de la localité, l’événement demeure un pilier de la cohésion sociale.
« La tradition se transmet de génération en génération sans modification. » C’est autour de ce mot d’ordre que la communauté toupouri du village de Goundaye s’est rassemblée, dès 8 heures 30, autour de ses autorités traditionnelles pour célébrer la fête du coq, une cérémonie majeure de valorisation du patrimoine et de communion.
Bien plus qu’une simple réjouissance culturelle, la journée a débuté par un cadre de concertation citoyenne. Réunis à l’ombre d’un grand arbre, les villageois ont tenu une rencontre consacrée aux enjeux majeurs qui freinent le développement de leur localité.
Au centre des débats figurait une série de préoccupe sociétales et environnementales cruciales : la lutte contre la consommation abusive de boissons frelatées, le vol de bétail, le reboisement, la protection de la forêt communautaire, ainsi que la construction d’un hangar villageois. La question éducative a également occupé une place centrale, les participants insistant sur l’urgence de promouvoir la scolarisation et le maintien des filles à l’école tout en luttant fermement contre les mariages précoces.
À l’issue de ces échanges, la cérémonie est entrée dans sa phase spirituelle. Drapé dans une tenue traditionnelle d’apparat, le chef du village de Goundaye, Gondang Wanbi, a conduit le rituel symbolique aux côtés de sa première épouse, chargée d’apporter deux poulets pour l’offrande.
Selon le chef traditionnel, cette festivité est dédiée aux âmes des ancêtres disparus, auxquels les vivants viennent présenter les fruits de leur labeur afin d’obtenir leurs bénédictions. Lors des prières rituelles, le chef a également imploré le pardon des ancêtres pour les fautes commises par les membres de la communauté, condition indispensable pour préserver la concorde et une paix durable.
Au-delà de son ancrage spirituel, la fête du coq s’impose comme un espace privilégié de dialogue et de réconciliation. Elle offre l’opportunité aux membres de la communauté, ainsi qu’aux populations voisines, de se visiter, d’échanger et de renforcer le bon voisinage.
Entre préservation du patrimoine, pardon et réflexion sur l’avenir, la fête du coq demeure un legs précieux pour Goundaye. Un héritage que la communauté toupouri entend perpétuer et transmettre intact aux générations futures pour faire vivre les valeurs de solidarité et d’hospitalité.
Moubané Vounki, Correspondant – Torrock

