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Tchad : Comptes et mécomptes d’une tournée présidentielle

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Après les «foules» fabriquées et cousues qui ont accueilli le Président de la Transition lors de la tournée qu’il avait effectuée dans le Sud du pays, l’heure des comptes et mécomptes d’une campagne politique déguisée est arrivée. 

Pour certains politiques, cette deuxième descente sur le terrain participe d’une volonté du Président de la Transition de se refaire une popularité en baisse depuis les émeutes du 20 octobre 2023 et, surtout, depuis la difficile explication des massacres de la Nya Pendé, desMonts de Lam et du Mandoul.

Selon eux donc, le Président Mahamat Idriss Déby Itno, potentiel candidat aux prochaines présidentielles avait besoin de se rassurer avant les compétitions.

La mobilisation des ressources pour cette précampagne explique les ambitions du futur candidat. Des observateurs rencontrés pensent que les manifestations du 20 octobre dernier prouvent à suffisance l’affaissement de la côte de popularité du Président de la Transition.

À les en croire, ces tournées sont une belle initiative dans la mesure où elles permettent au chef de l’Etat de se connecter aux populations pour lesquelles il mesure le degré de méfiance et de haine vis-à-vis de lui. C’est le temps des manœuvres.

À chaque fois qu’il prend la parole, on a l’impression d’entendre le président d’une formation politique ou d’une coalition. Il s’est transformé en un directeur de campagne en perspective des prochaines échéances.

Abondant dans le même sens, le correspondant d’une radio privée à Bongor soutient avec vigueur que cette tournée est éminemment politique. «Le président de la République vit sur la psychose de ce qui s’est passé en octobre dernier et qui avait beaucoup écorné sa côte de sympathie. De ce fait, il avait besoin de reprendre la main pour montrer qu’il reste encorepopulaire », analyse-t-il.

Le choix du Sud n’est pas fortuit car, au lendemain des événements du 20 0ctobre, les premiers mouvements de soutien aux manifestants venaient du Sud, là où la côte de popularité du Président de la Transition ne cesse de souffrir.

Ce qui fait dire au journaliste que le «Président de la Transition a pris le grand risque en allant dans ces zones qui lui sont naturellement hostiles». Toutefois, on peut se permettre d’expliquer les trois objectifs majeurs de la tournée politique du président: Le premier est du point de vue du symbole et de l’image à envoyer à l’opinion nationale et internationale.

Il fallait montrer que le président reste populaire. Le deuxième objectif politique, c’est la marche vers les futures échéances et le président avait besoin de rabibocher un certain nombre de ses «proches» à couteaux tirés comme au Mayo Kébbi Ouest où le Président a indexé certainshâbleurs pour qui la politique est une querelle de borne fontaine. Il veut mettre fin au choc des ambitions.

Sans doute en privé et en aparté en marge des manifestations de foule. Le but est d’anticiper sur les éventuelles contestations et votes sanctions. Et pour le troisième objectif, le président a fait office de directeur de campagne pour ses édiles en vue de montrer à l’occasion son ethos de vertu, de solidarité et de compétences. Mais la «légitimité n’est pas seulement électorale, elle est aussi éthique et politique».

Mais dans toute démocratie, dans seulement tout pays sérieux, les graves forfaitures qui ont jalonné la courte et infecte gouvernance de la transition auraient valu au Président les pires accueils. Au lieu de cela, les foules, ramassées dans des bennes à ordures, continuent de lui rendre hommage et des hommes politiques, toutes fesses serrées se plient en mille morceaux devant le Président.

De ce fait, il reprend la main pour montrer qu’il reste encore populaire et peut oser! Voilà plus de 2 ans que le Maréchal a quitté ce monde et son successeur qui n’est autre que son fils qui se fait la même conception de nous et mène exactement la même nauséabonde gouvernance…

Avec les mêmes comptes et mécomptes que son «prédécesseur» en comptant sur les dinosaures, les scorpions, les frelons, les charognards et autres prédateurs politiques. Remettant en question sa volonté et sa capacité à tenir ses promesses. Sa parole est banale, suscite partout moue dubitative et froncements des sourcils.

Evariste DJETEKE

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