Jour pour jour, cela fait un mois que M. NGAKOUTOU Ismaël a été enlevé et détenu de manière irrégulière et abusive dans les locaux de l’Agence Nationale de Sécurité de l’État (ANSE). Les avocats de M. NGAKOUTOU, Me DITCHIBE MOUNDINE et Me OUKACHA MAHAMAD, ont dénoncé cet état de fait au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena, en vertu des articles 289 et suivants du Code de procédure pénale.
Le 8 août 2024, le Procureur a affirmé que M. NGAKOUTOU Ismaël était « mis à la disposition de la justice » suite à une plainte d’une personne de nationalité chinoise. Cependant, les avocats n’ont toujours pas eu accès à leur client ni reçu copie de la prétendue plainte ou du procès-verbal d’audition.
Or, la détention de M. NGAKOUTOU dans les locaux de l’ANS, selon ces avocats semble contraire à la loi N°19 du 28 juillet 2017 portant Régime Pénitentiaire, qui énumère de manière exhaustive les établissements pénitentiaires.
De plus, le décret 008/PR/2017 restructurant l’ANS précise que cette agence a pour mission de « rechercher, recueillir et exploiter les informations touchant à la sécurité et à la sûreté de l’État », et non de procéder à des arrestations et détentions.
Les avocats demandent donc l’accès immédiat à leur client pour s’enquérir de son état de santé, et exigent qu’il soit remis entre les mains de la justice s’il lui est reproché un fait répréhensible. Ils tiendront pour responsables le Directeur Général de l’ANS et toute personne impliquée dans cette affaire si quoi que ce soit arrive à M. NGAKOUTOU.

