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Justice : Le Tchad intensifie la lutte contre la traite des personnes

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Face à la recrudescence des cas de traite des personnes sur le territoire national, le gouvernement tchadien, par l’entremise du ministère de la Justice et des Droits humains, a lancé une offensive judiciaire coordonnée pour renforcer la répression de ce fléau. Une circulaire du ministre Dr Youssouf Tom, ont été adressées aux juridictions du pays pour rappeler l’urgence et la gravité de la situation.

La traite des personnes, notamment des femmes et des enfants exploités dans des conditions inhumaines, est qualifiée par les autorités comme l’une des pires violations des droits fondamentaux. Le phénomène, en constante mutation, s’appuie sur des réseaux transnationaux de plus en plus sophistiqués, rendant sa détection et sa répression complexes.

Le Tchad a ratifié depuis 2009 la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et son protocole additionnel relatif à la traite des personnes. Sur le plan national, l’ordonnance n°006/PR/2018, ratifiée par la loi n°12/PR/2018, constitue une loi spéciale qui doit être appliquée avec rigueur. Elle est complétée par le nouveau Code pénal adopté en 2019.

Le ministre souligne que tout dossier de traite doit être examiné à travers trois éléments fondamentaux définis par l’article 3 du Protocole. D’abord, les actes qui peuvent inclure le recrutement, le transport, l’hébergement ou l’accueil, sans qu’un déplacement de la victime soit nécessaire. Ensuite, les moyens utilisés, tels que la menace, la contrainte, l’enlèvement, l’abus d’autorité ou de vulnérabilité, ou encore la tromperie. Enfin, le but poursuivi, qui se manifeste par diverses formes d’exploitation, notamment sexuelle, le travail forcé, l’esclavage ou le prélèvement d’organes.

Les juridictions sont instruites de juger les affaires de traite avec diligence et fermeté. Le ministre appelle à des poursuites systématiques contre les auteurs et complices de ces « pratiques moyenâgeuses », et insiste sur la responsabilité des magistrats dans l’application des textes.

Afin de suivre l’évolution de cette criminalité et d’élaborer une politique nationale cohérente, les juridictions doivent transmettre à la Commission nationale et à la chancellerie, avant le 15 février 2026, un rapport détaillé des dossiers de traite poursuivis, jugés ou en instance pour l’année 2025.

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