La police nigériane a confirmé, mardi 21 janvier au soir, l’enlèvement de masse survenu deux jours plus tôt dans la région de Kaduna, au nord-ouest du Nigeria. Plus de 170 fidèles chrétiens ont été kidnappés lors de la messe dominicale du 18 janvier dans plusieurs églises de la localité de Kurmin Wali, district de Kajuru.
Selon l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), des hommes armés ont encerclé les églises avant de contraindre les croyants à les suivre en file indienne jusque dans la brousse. Des familles entières ont disparu, laissant la communauté presque vide. Le président de la CAN, Joseph John Hayab, a dénoncé une attaque planifiée qui frappe une population déjà fragilisée : une semaine auparavant, les villageois avaient dû verser plus de 2 millions de nairas (environ 1 500 euros) pour obtenir la libération d’une vingtaine d’otages.
L’absence de réseau téléphonique dans cette zone reculée a retardé la diffusion de l’information. Ce n’est qu’après plus de 24 heures que la police a reconnu l’« incident », après une journée de démenti officiel. L’armée, de son côté, est accusée par des associations chrétiennes d’avoir bouclé la zone dès lundi, empêchant l’accès aux lieux du drame.
Ce nouvel enlèvement ravive les tensions entre les représentants chrétiens et les autorités nigérianes. Il attire également l’attention internationale : le député américain Riley Moore, récemment en visite au Nigeria avec d’autres membres du Congrès, a dénoncé sur X une « menace existentielle » pesant sur les chrétiens face aux militants fulani.
Le président américain Donald Trump avait déjà qualifié ces violences de « massacre » et, en décembre, des frappes américaines sur le territoire nigérian avaient été justifiées par la nécessité de protéger les communautés chrétiennes.
