Le pape Léon XIV a entamé mercredi sa visite au Cameroun en lançant un appel solennel aux autorités du pays : « oser faire un examen de conscience » et « briser les chaînes de la corruption ». Devant le président Paul Biya et le corps diplomatique réunis au palais présidentiel, le souverain pontife a insisté sur la nécessité de transparence et de respect de l’État de droit pour restaurer la confiance.
Arrivé de l’Algérie, où son déplacement avait été marqué par un double attentat suicide près d’Alger, Léon XIV a été accueilli dans une ambiance festive à Yaoundé. Des milliers de fidèles, drapeaux du Cameroun et du Vatican à la main, se sont massés le long des routes pour saluer son passage. « Ça fait tellement de bien que le pape vienne nous voir, car il y a tellement de problèmes dans ce pays », confiait Hélène Ebogo, 19 ans, venue attendre le cortège.
La visite intervient dans un contexte de guerre civile qui déchire depuis près de dix ans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest. À Bamenda, épicentre du conflit, le pape doit célébrer une messe très attendue. Les séparatistes, qui ont proclamé la « République d’Ambazonie », ont annoncé une trêve de trois jours pour permettre son passage. « La venue du pape va adoucir le cœur des extrémistes pour que nous puissions trouver un terrain d’entente », espère Andrew Fuanya Nkea, archevêque de Bamenda.
Au Cameroun, où environ 37 % des 30 millions d’habitants sont catholiques, l’Église joue un rôle central dans l’éducation, la santé et la médiation sociale. Mais certains fidèles redoutent que cette visite ne serve à redorer l’image du président Biya, réélu en octobre lors d’un scrutin contesté.
Après Bamenda, Léon XIV se rendra à Douala pour une grande messe dans un stade, avant de poursuivre sa tournée africaine en Angola et en Guinée équatoriale. À chaque étape, le pape entend porter un message de paix et de réconciliation, dans une région marquée par les crises politiques et sociales.
