La Coordination Nationale des Jeunes pour la Paix et le Développement au Tchad (CONAJEPDT) a fait cet après-midi 26 octobre 2023 un point de presse à son siège à Moursal dans le 6ème arrondissement de la capitale.
Animé par son coordonnateur National Mahamat Oumar Ibrahim, ce point de presse est relatif à la situation actuelle du pays en cette période de la deuxième phase de la transition.
« Comme vous le savez, depuis le décès tragique du Maréchal Idriss Déby Itno, suivi de la prise de pouvoir par les militaires, jusquà l’organisation du Dialogue national inclusif et souverain, rien ne va plus dans notre pays. Du Social à la Politique, en passant par l’éducation, la Sécurité, la Santé, les indicateurs sont tous au rouge. Et l’on se demande vers quelle destination nous allons, surtout que les autorités de la transition ne prennent ni des engagements sérieux et objectifs, moins encore, ne tiennent des propos rassurants quant à l’avenir de notre pays, » a introduit Mahamat Oumar Ibrahim.
Il fustige la cherté de vie qui gangrène aujourd’hui la vie sociale des Tchadiens.
« Sur le plan social, le panier de la ménagère désemplit au jour le jour. Les prix des denrées alimentaires ne font qu’augmenter sans qu’aucune mesure adéquate ne soit prise pour atténuer la souffrance des populations tchadiennes qui tirent le diable par la queue. Malgré les dénonciations tout azimut de la presse et de la société civile, le gouvernement, à sa tête, le premier ministre Saleh Kebzabo, multiplie des rencontres futiles comme pour amuser la galerie et endormir le peuple qui attend impatiemment des mesures fortes pour baisser le cout de vie, extrêmement élevé ces derniers temps, » déplore le coordonnateur.
Il évoque aussi la situation des refugiés soudanais et de leur accueil « massif » dont l’impact sur le social dans les zones frontalières est à craindre.
Brossant le plan sécuritaire, Mahamat Oumar Ibrahim note que les menaces des « bandits de grands chemins » sont quasi-permanentes en milieu rural qu’urbain.
« Partout, on tue les Tchadiens pour arracher leurs biens, ou par pure méchanceté. Dans nos campagnes, le conflit entre les producteurs ruraux bat son plein. Tout ceci parfois sous le regard complice des forces de l’ordre et de sécurité. Et pourtant, chaque jour qui passe, l’on voit entrer dans la capitale tchadienne des véhicules et équipements destinés aux forces de l’ordre et de sécurité. L’on se demande si toutes ces armadas sont destinées à réprimer uniquement les Tchadiens, qui pacifiquement décident parfois de réclamer leurs droits, » s’interroge-t-il.
Aux regards de ces constats, la CONAJEPDT interpelle les partenaires techniques et financiers du Tchad en général, et plus particulièrement la France, les USA et l’Union Européenne, de prendre en compte le contexte du « panafricanisme actuel », aux fins de revoir leurs politiques et asseoir une relations de partenariat gagnant-gagnant avec le Tchad.
La mise sur pied de la CONOREC et de son fonctionnement a aussi été l’objet de son intervention. Il martèle par ailleurs que l’enrôlement biaisé des Tchadiens sur les listes électorales ne peuvent pas garantir des élections libres et transparentes au Tchad.
« La politique de la main tendue du président de transition ayant permis le retour au bercail des ex politico-militaires était un acte salué de tous. Malheureusement, elle vient de montrer ses limites avec le mandat d’arrêt international, lancé contre le leader du parti Les Transformateurs. Alors qu’ils cherchaient à rentrer au pays le 18 octobre passé, Dr Succès Masra et ses camarades de lutte, n’ont pu effectuer le déplacement à cause des manœuvres du gouvernement de Saleh Kebzabo, visant à provoquer des émeutes à l’arrivée de Masra et ses camarades, » s’inquiete-t-il.
Pour finir, la CONAJEPDT interpelle le Président Mahamat Idriss Déby Itno et le Premier ministre Saleh Kebzabo, de prendre leurs responsabilités et de corriger le tir.

