Le Conseil constitutionnel entend tirer parti de l’intelligence artificielle tout en préservant la responsabilité humaine dans ses décisions. C’est le message central délivré par le président de l’institution, Me Jean-Bernard Padaré, à l’occasion de la clôture de la première formation en intelligence artificielle organisée au sein d’une institution tchadienne, après cinq jours de travaux.
Le Conseil constitutionnel franchit ainsi une nouvelle étape dans son adaptation aux mutations technologiques. À l’issue de cinq jours de formation consacrés à l’intelligence artificielle (IA), son président, Me Jean-Bernard Padaré, a officiellement clôturé les travaux du programme LEAD-AI Tchad, en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne au Tchad, Amador Sánchez Rico.
Se félicitant de cette initiative, qu’il présente comme une première au sein des institutions tchadiennes, le président du Conseil constitutionnel a souligné l’importance de former les acteurs institutionnels aux nouvelles technologies. Selon lui, cette démarche traduit la volonté de son institution de ne pas rester en marge de la révolution numérique, tout en privilégiant une appropriation responsable des outils d’intelligence artificielle.
Durant cette formation, juristes, assistants et agents administratifs ont été initiés aux possibilités offertes par l’IA, mais également à ses limites. Les participants ont notamment appris à formuler des requêtes précises, à vérifier les informations générées, à protéger les données sensibles et à prévenir les risques liés à l’utilisation de ces technologies.
Pour Me Jean-Bernard Padaré, l’intégration de l’intelligence artificielle dans le fonctionnement de l’institution ne saurait remettre en cause les responsabilités constitutionnelles de ses membres. Il a résumé l’approche retenue par le Conseil en ces termes : « L’IA prépare ; une personne vérifie ; une autre personne décide de valider. »
Le président a insisté sur le fait qu’aucune technologie ne pourra se substituer au jugement humain dans les décisions relevant des compétences du Conseil constitutionnel. Si l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer la rapidité et l’efficacité du travail, elle ne saurait en aucun cas porter la responsabilité des décisions institutionnelles.
Cette formation a bénéficié de l’accompagnement de l’Union européenne à travers le Programme d’appui au Parlement et aux processus électoraux (PAPPE). Une coopération que le président du Conseil constitutionnel a particulièrement saluée, estimant qu’elle contribue au renforcement des compétences des ressources humaines et à la modernisation des institutions tchadiennes.
Il a également exprimé sa reconnaissance à la coordinatrice du PAPPE, Mme Madjiguene Thiam, ainsi qu’à l’expert-formateur, M. Aous, pour leur contribution à la réussite de cette initiative.
Au-delà des connaissances acquises, les participants repartent avec des outils pratiques, notamment des listes de contrôle, des procédures documentées, un projet de charte ainsi que des plans d’action à 30, 60 et 90 jours.
Le président du Conseil constitutionnel a assuré que les recommandations issues de cette formation ne resteront pas sans suite. Le projet de charte et les propositions de règles seront soumis à l’examen des instances compétentes de l’institution afin d’encadrer progressivement l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Il a par ailleurs exhorté les agents à faire preuve de vigilance, notamment en évitant de transmettre des documents confidentiels, des dossiers internes ou des données personnelles à des outils numériques en ligne non sécurisés.
En clôturant les travaux, Me Jean-Bernard Padaré a exprimé le souhait que cette expérience pionnière inspire d’autres institutions nationales. Selon lui, le Tchad doit accompagner les mutations numériques avec ouverture, mais aussi avec prudence et dans le respect de l’État de droit.
La cérémonie de clôture a été marquée par la remise des attestations aux participants, sanctionnant ainsi leur participation à cette première formation dédiée à l’intelligence artificielle au sein d’une institution tchadienne.

