Lors du Forum Africain de l’Eau, le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a annoncé que « le Tchad supprimera les visas d’entrée pour tous les ressortissants africains dès 2027 ».
Une décision qui aligne N’Djamena sur l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et qui, selon les experts, pourrait transformer l’économie du pays. Pour Dr Évariste Ngarlem Tolde, politologue et enseignant-chercheur interrogé par Hamama Média, il s’agit avant tout d’« un accélérateur économique ».
Pour le Dr Tolde, le premier effet sera immédiat sur la mobilité. « Les voyageurs peuvent organiser leurs séjours en dernière minute, sans affronter de longs délais d’attente administratifs », souligne-t-il.
En supprimant cette barrière, le Tchad mise sur la spontanéité. « La levée des barrières se traduit généralement par une hausse rapide des arrivées des touristes et des voyageurs d’affaires », ajoute le politologue. Selon lui, l’objectif est d’attirer une nouvelle catégorie de visiteurs qui hésitaient jusque-là face aux procédures.
Au-delà du symbole, l’impact budgétaire des ménages et des entreprises est central. La suppression des frais de visa libère du pouvoir d’achat.
« Les économies générées par l’absence des frais de visa sont souvent réinvesties directement dans le pays, dans l’hébergement, la restauration et les services », précise Dr Tolde. Selon lui, cette manne « stimule ainsi la croissance » en faisant tourner l’argent dans les secteurs clés du tourisme et du commerce.
La mesure porte aussi une dimension diplomatique. Elle « renforce les liens bilatéraux et donne l’image d’un pays ouvert et accueillant sur la scène internationale », estime l’enseignant-chercheur.
Pour Dr Tolde, l’annonce du Chef de l’État s’inscrit dans une vision continentale. « Cela s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’Union africaine Agenda 2063 qui facilite la libre circulation des biens et des personnes », rappelle-t-il.
Le politologue résume les trois gains majeurs attendus :
D’abord « l’attractivité », avec un flux de voyageurs en hausse. Ensuite « le dynamisme des affaires », grâce à « la mobilité accrue des entrepreneurs et des investisseurs ». Enfin « l’intégration commerciale », qui passe par « un resserrement des liens qui favorise la diplomatie et la coopération entre nations ».
« Supprimer les visas encourage enfin les pays partenaires à adopter des mesures similaires », conclut Dr Tolde, qui évoque aussi « la simplification logistique avec le désengagement des frontières ».
Avec cette réforme, le Tchad parie sur l’ouverture. Reste désormais à relever le défi de la sécurisation. Il faudra, selon l’expert, accompagner cette attractivité par des moyens adaptés aux frontières et des infrastructures d’accueil à la hauteur.
Réalisée par Teyane Bertrand

