La deuxième édition du Salon national de l’élevage du Tchad (SNET 2026) a été officiellement lancée jeudi à la Place de la Nation de N’Djamena. Placé sous le très haut patronage du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, l’événement ambitionne de promouvoir le potentiel animalier du pays et de faire de l’élevage un moteur de croissance économique.
Pendant cinq jours, éleveurs, producteurs, transformateurs, investisseurs ainsi que partenaires techniques et financiers échangeront autour des perspectives de développement d’un secteur considéré comme stratégique pour l’économie nationale.
Un cheptel parmi les plus importants de la région
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Atteib, a rappelé le rôle majeur de l’élevage dans le développement économique et social du Tchad.
Selon les données présentées, le pays disposait en 2025 de 166,6 millions de têtes de bétail, toutes espèces confondues, auxquelles s’ajoutent plus de 37,5 millions de volailles. Le ministre a également indiqué que le Tchad compte 11,39 millions de camelins, un effectif qui le place parmi les principaux détenteurs mondiaux de cette espèce.
Au-delà de son importance pour la sécurité alimentaire et les revenus des ménages, le secteur constitue un pilier des échanges commerciaux. En 2024, les exportations de bétail représentaient la deuxième source de devises du pays après le pétrole.
Moderniser la filière pour créer davantage de valeur
Représentant le chef de l’État, le Premier ministre Allah Maye Halina a insisté sur la nécessité de transformer progressivement l’élevage traditionnel en une filière moderne, productive et davantage tournée vers la transformation locale.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement« Tchad Connexion 2030 », qui vise à accélérer la diversification économique et la valorisation des ressources nationales.
Parmi les priorités évoquées figurent l’amélioration génétique des races animales, le renforcement des services vétérinaires, l’accès à l’eau et à l’alimentation du bétail ainsi que le développement des infrastructures de production.
Les autorités entendent également renforcer les capacités de transformation locale à travers la modernisation des abattoirs et le développement d’unités spécialisées dans la transformation de la viande, du lait, des cuirs et des peaux.
Une mobilisation nationale et internationale
Les organisateurs se sont félicités de la participation des 23 provinces du Tchad, ainsi que de nombreux partenaires techniques et financiers. Parmi eux figurent notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Agence française de développement (AFD).
Cette mobilisation vise à favoriser les échanges d’expériences, la promotion des produits de l’élevage et l’identification de nouvelles opportunités d’investissement au profit de la filière.
Expositions, panels et concours au programme
Plusieurs activités rythmeront cette deuxième édition du SNET, notamment des expositions d’animaux et de produits d’élevage, des panels scientifiques et techniques, un forum économique ainsi que des rencontres professionnelles.
Un concours national récompensera également les meilleurs spécimens du cheptel tchadien, mettant en valeur les performances et la qualité des animaux présentés.
À travers ce rendez-vous, les autorités souhaitent faire du Salon national de l’élevage une plateforme incontournable pour la promotion du patrimoine pastoral tchadien et le développement des industries animales. Le défi reste désormais de transformer ce potentiel en retombées économiques concrètes pour les éleveurs, les transformateurs et l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.
Irazi-en Merci / Hamama Média

