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SENAFET : Le Journaliste Nathaniel Mounone interpelle la Ministre de la Femme

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En prélude à la commémoration de la journée internationale de la femme le 08 mars prochain, le Journaliste Nathaniel Mounone interpelle la ministre de la femme à prendre en compte les préoccupations des femmes rurales.

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« Engagement citoyen de la femme : force motrice du développement » (édition 2021)

L’égalité aujourd’hui pour un avenir durable dans le contexte du changement climatique (édition 2022)

« Femme, paix, sécurité, justice et réconciliation pour un Tchad égalitaire » (édition 2023)

« La participation des femmes dans les processus électoraux post-transition » (édition 2024)

« Femmes, face aux défis de la 5ᵉ République » (édition 2025 en cours de préparation)

Ce sont les thèmes des cinq (5) dernières SENAFET. Passons dessus.

Madame la ministre d’État,  Amina Priscille Longoh vous avez pris les rênes du ministère de la Femme étant très jeune. Tout le monde vous a félicité, hommes comme femmes. Par la grâce politique, vous y êtes. J’espère que c’est parce que vous travaillez bien et beaucoup, en tout cas. Les 4 dernières éditions de la SENAFET que j’ai référées ci-dessus avec les thèmes sous lesquels elles ont été célébrées l’ont été avec des pagnes et des défilés. Pratiquement, cela n’a rien apporté, ni aux femmes elles-mêmes, ni aux hommes, ni à personne. Les problèmes des femmes tchadiennes sont restés tels. Et comme vous pouvez le savoir mieux que moi-même, ces thèmes sont souvent actualisés au contexte politique du Tchad de ces dernières années, comme si les multiples problèmes des femmes tchadiennes étaient seulement tributaires de la métamorphose de la politique politicienne.  Ce qui est totalement faux.

Cette année, vous avez décidé de partir avec du folklore : pas de pagne ni de défilé. J’en suis d’accord parce que j’étais toujours de ceux-là qui n’aiment pas des conneries pareilles. Cependant, soyons pratiques si on veut réellement changer les choses. Posons-nous des bonnes questions autour des innovations de cette année, en l’occurrence le Salon des compétences féminines (SAFEM). Quelles sont les femmes ciblées par ce salon ? Quelle sera la place de la femme rurale durant ce salon ? Comment seront-elles sélectionnées pour ce salon ? Que fera-t-on de celles qui ne pourront pas se déplacer pour des raisons multiples pour ce salon ? Autant de questions.

En effet, les femmes rurales sont les éternelles oubliées malheureuses de toutes les éditions de SENAFET que le Tchad ait connues. Il n’y a jamais eu une seule édition qui soit profitable à une pauvre maman désemparée, par exemple à Mbalkabra, Guelo, Kouba Oulanga, Gouing, etc. Aucune. Aucun mécanisme de rapprochement de la SENAFET VRAIES femmes rurales n’a été mis sur pied par votre département ministériel. Pourtant, les besoins de ces femmes sont tellement basiques et petits que le coût d’un simple stand à ce salon suffirait pour qu’elles soient minimalement dans leur aise. Ce sont ces femmes qui manquent seulement, entre autres, de 50 000 francs pour lancer leurs petits commerces, nombreux ; qui courent tout le long des journées sur des kilomètres pour chercher de l’eau, souvent pas potable ; qui meurent en route en accouchant faute des structures sanitaires à proximité ; qui se sacrifient pour payer la scolarité de leurs enfants (1 500 francs) ; bref, qui souffrent à tous les points de vue.

Elles sont déjà compétentes, ces femmes rurales. Elles demandent juste le minimum. Pensez à elles, madame la ministre. Elles ont besoin de votre amour, de votre regard, de votre attention, d’un peu de votre investissement parce qu’elles vous aiment beaucoup. Regardez comment elles vous accueillent dans vos tournées, même politiques ? Regardez comment elles vous admirent. Imaginez à quel point elles vous souhaitent longévité et bonheur. Il est temps de leur retourner l’ascenseur, l’ascenseur d’affection et d’actions concrètes avec des suivis réels et réguliers. Ce sont ces fermes qui sont les greniers du Tchad, symboles de la paix et de la résilience, du pardon dans l’endurance. Pensez à elles, s’il vous plait ! Pensons à elles !

Nathaniel Mounone, Enfant d’une femme rurale, l’incarnation de la résilience

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