Les espaces verts de la capitale tchadienne, censés offrir un havre de paix et de verdure, sont malheureusement devenus le théâtre d’une pratique insalubre et préoccupante, la défécation à l’air libre. Un spectacle quotidien qui, au-delà de l’atteinte à la dignité, pose de sérieux problèmes de santé publique et de dégradation environnementale. L’exemple palpable des alentours de la maison de la femme est très Illustratif.
Selon le rapport UNICEF 2021, 68% des Tchadiens n’ont pas accès aux toilettes appropriées, ce qui se traduit par cette pratique. Le rapport de Besoins Humanitaires et Plan de Réponse 2025 de l’ONG WASH souligne que: 64% de la population Tchadienne pratique la défécation à l’air libre.
Pour de nombreux habitants, la raison principale de ce phénomène est le manque criant de toilettes publiques. Nodjigoto, un vendeur ambulant, témoigne de cette réalité avec résignation : « La défécation à l’air libre est un fait réel, mais certaines personnes le font contre leur gré. Je suis un vendeur ambulant et comme les toilettes publiques n’existent pas à N’Djamena, je suis obligé de me mettre à l’aise dans l’espace libre.
C’est vrai qu’exposé sa nudité en pleine aire aux yeux des usagers est une atteinte à la pudeur, mais quand tu es dépassé, cela devient une obligation. » Son témoignage met en lumière le dilemme auquel sont confrontés de nombreux N’Djaménois contraint par l’absence d’alternatives décentes.
Ces espaces, transformés en véritables latrines à ciel ouvert, deviennent également des dépotoirs pour ordures ménagères, carcasses d’animaux en décomposition et autres déchets. La conjugaison de ces facteurs engendre une pollution atmosphérique insoutenable, rendant l’air désagréable et favorisant la prolifération de maladies. La menace sanitaire est réelle, avec des risques accrus de propagation d’infections et de pathologies liées à l’insalubrité.
Cependant, il est important de noter que si le manque d’infrastructures est un facteur majeur, de la défécation à l’air libre, d’une part compte tenu de l’agglomération certaines personnes, même si elles disposent de toilettes, semblent tirer un plaisir de cette pratique en plein air. Cette observation met en évidence une dimension d’incivisme qui complexifie la résolution du problème.
Face à cette situation alarmante qui souille l’environnement et met en péril la santé des populations, une réflexion approfondie s’impose. Il est urgent d’évaluer les risques sanitaires et environnementaux liés à cette pratique et d’envisager des solutions durables.
La construction de toilettes publiques en nombre suffisant et leur entretien régulier sont des étapes indispensables. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation et d’éducation civique pourraient contribuer à changer les comportements et à restaurer la salubrité de N’Djamena. La dignité des habitants et la préservation de leur environnement en dépendent.

