Chaque saison des pluies, N’Djamena se transforme en cité engloutie. Les quartiers s’éveillent sous les eaux, les maisons disparaissent, et les familles se retrouvent démunies. Ce spectacle n’est pas nouveau, mais il révèle une question lancinante : à qui incombe la responsabilité des conséquences de ces inondations ?
L’État ne peut se dérober. Il lui revient de planifier l’urbanisme, de tracer des zones constructibles sûres, de mettre en place des réseaux d’assainissement et de protéger les citoyens. Laisser les populations s’installer dans des zones inondables, c’est abandonner son rôle de garant de la sécurité collective.
Mais la population n’est pas sans responsabilité. Certes, la pauvreté et la pression foncière limitent les options, mais choisir un terrain, c’est aussi anticiper les risques. Les habitants doivent apprendre à éviter les zones vulnérables et à construire avec des techniques adaptées. Ignorer ces réalités, c’est exposer sa famille à des drames prévisibles.
La vérité est que ni l’État ni les citoyens ne peuvent porter seuls ce fardeau. Les inondations sont le fruit d’une responsabilité partagée : L’État doit assumer son rôle de planificateur et protecteur. Les habitants doivent faire preuve de vigilance et de discernement. Ensemble, ils doivent inventer des solutions communautaires : curage participatif, alertes locales, respect des plans d’urbanisme.
Il est trop facile de pointer du doigt uniquement l’État ou uniquement les habitants. Les inondations de N’Djamena sont le miroir d’une gouvernance urbaine insuffisante et d’une vulnérabilité sociale persistante. Tant que chacun se défaussera sur l’autre, la capitale restera prisonnière des eaux.
TB

