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Mayo-Kebbi Ouest : Qui ordonne réellement l’exploitation de l’or, malgré les suspensions du ministère des Mines ?

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Outre ses revendications légitimes d’infrastructures sanitaires, éducatives et culturelles décentes… la population du Mayo-Kebbi Ouest exige avec insistance, depuis plusieurs années, le bitumage du tronçon Kelo-Pala-Léré jusqu’à la frontière camerounaise. Lassée, découragée et privée de perspectives d’avenir, la communauté en est réduite à s’en remettre à la providence, dans l’attente d’un miracle.

Pendant ce temps, la province s’éteint à petit feu. Loin d’être une fatalité naturelle, ce drame est le fruit d’une entreprise humaine quotidienne, perpétrée sous les yeux de toute la province et des plus hautes instances du pays : l’exploitation illégale de l’or à travers ses cinq départements.

Profitant de la distraction d’une population absorbée par ses prières pour « SON GOUDRON », le patrimoine aurifère provincial est systématiquement pillé avec la complicité d’autorités locales, de certaines élites et de hauts dignitaires qui cautionneraient ces pratiques en sous-main.

En dépit de multiples alertes, le statu quo demeure. Le comble de cette situation réside dans le mépris affiché face aux décisions régaliennes. Malgré les arrêtés ministériels successifs N°232 du 26 juin 2026 et N°72 du 18 septembre 2026, par lesquels la ministre des Mines avait suspendu toute activité minière dans les zones de Gamboké, Omri et le chantier Baba (département de Mayo Dallah) ainsi que dans la commune rurale de Guélo (département d’El-Ouaya), les exploitations se sont paradoxalement intensifiées.

Chaque jour, des terres agricoles sont dévastées et des vies humaines sont sacrifiées. Sur les sites d’extraction, la loi du silence règne en maître : « On entre dans la danse ou on se tait », confie un jeune orpailleur déboussolé.

Le 14 janvier dernier, un cri d’alarme avait déjà été lancé pour préserver le village de Sokoye, dans le département de Mayo-Binder, dont les sols subissent les ravages de cet orpaillage clandestin. Cette alerte est restée sans écho.

Dès lors, l’interrogation s’impose : qui ordonne réellement ces exploitations au mépris des interdictions ministérielles ? S’agit-il d’une défiance caractérisée envers l’autorité de l’État ? Pourquoi les autorités provinciales gardent-elles un tel silence ? Selon de nombreux observateurs avertis, aucun de ces exploitants ne dispose d’une autorisation légale. De qui tiennent-ils alors leur légitimité sur le terrain ?

Tandis que d’autres nations renforcent leur arsenal juridique pour encadrer rigoureusement le secteur minier, le Tchad demeure singulièrement à la traîne. L’avenir du Mayo-Kebbi Ouest dépend pourtant de ses ressources naturelles ; or, alors même que son sol regorge encore de richesses, la misère y bat son plein. Quel sera le sort de cette province une fois ses terres définitivement épuisées ?

« Cette situation nous dépasse. Nos terres disparaissent sous nos yeux et nous sommes démunis. Tous ces acteurs agissent en connivence avec les autorités », déplorent souvent des habitants résignés lorsqu’on les interroge.

Face à ce désastre, nous interpellons directement le Délégué Général du Gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Ouest : il est impératif d’appliquer fermement les arrêtés ministériels N°72 et N°232. L’avenir de la province en dépend. À défaut de faire respecter la loi, il sera désigné comme le principal responsable de ce naufrage et devra en répondre devant les citoyens.

À l’heure actuelle, les sites aurifères censés être sous le coup d’une suspension fonctionnent à plein régime. La population ne saurait demeurer inerte plus longtemps.

Qui ordonne réellement l’exploitation de l’or malgré les interdictions officielles ? La réponse vous appartient, Monsieur le Délégué Général du Gouvernement.

Teyane Bertrand

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