Ce 25 novembre, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, il est crucial de mettre en lumière un fléau mondial qui touche particulièrement le Tchad. Malgré les efforts déployés par les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile pour mettre fin à ces violences, la situation reste alarmante.
Les enquêtes menées par diverses ONG et institutions internationales révèlent des données bouleversantes. En 2023, environ 85 000 femmes et jeunes filles ont perdu la vie dans le monde à cause de violences perpétrées par leurs proches.
Au Tchad, une proportion significative de femmes subit des violences conjugales, des agressions verbales et physiques, ainsi que des pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. Le mariage précoce est également une réalité préoccupante, touchant près de 60 % des filles avant l’âge de 18 ans, compromettant ainsi leur éducation et leur avenir.
Ces chiffres témoignent d’une crise systémique où les normes sociales, la pauvreté et le manque d’accès à la justice renforcent les inégalités et perpétuent le cycle de la violence.
Les conséquences de ces violences ne se limitent pas aux victimes directes ; environ 30 % des familles touchées voient leurs enfants, en particulier les filles, abandonner l’école prématurément. Cela entraîne une perte d’opportunités pour la société, freinant le développement économique du pays.
Le silence des victimes, souvent alimenté par la peur et l’absence de structures de soutien, renforce un sentiment d’impunité pour les auteurs. Pour briser ce cercle vicieux, il est impératif d’agir collectivement.
La sensibilisation de la population est essentielle pour promouvoir les droits des femmes et dénoncer les pratiques néfastes. L’application stricte des textes juridiques est nécessaire pour protéger les victimes et punir les auteurs. De plus, la mise en place de centres d’écoute et d’assistance juridique est cruciale pour accompagner les femmes dans leur parcours de reconstruction.
Il est également fondamental d’inclure les hommes dans cette lutte. Leur implication est essentielle pour promouvoir un véritable changement social. Malgré les défis, de nombreuses femmes tchadiennes s’élèvent pour dénoncer les injustices et sensibiliser leurs communautés. Ces initiatives, souvent portées par des ONG locales et des leaders communautaires, offrent un espoir d’un avenir meilleur où les violences faites aux femmes ne seront plus tolérées.
En ce 25 novembre, rappelons que ce combat est celui de toute une nation. Ensemble, construisons un Tchad où chaque femme peut vivre dans la dignité, la sécurité et le respect.
Nekarmbaye Roseline / Hamama média

