Ce mercredi, lors de la proclamation solennelle des résultats des élections partielles du 21 juin, les rangs réservés au gouvernement sont restés vides au Conseil constitutionnel. Une absence collective inédite, perçue comme un signal fort.
Jusqu’ici, la haute juridiction pouvait compter sur la présence de l’exécutif. Aux audiences solennelles comme aux précédentes échéances, les ministres répondaient toujours présents, par tradition et courtoisie institutionnelle.
Ce 25 juin, pas un seul membre du gouvernement. Un désert ministériel qui dépasse le simple contretemps d’agenda, selon plusieurs observateurs. La question revient : mot d’ordre de boycott ou désintérêt délibéré ?
Le timing ajoute à l’inconfort. Ces partielles marquent une première dans l’histoire politique du Tchad, l’a rappelé le Président du Conseil constitutionnel, Me Jean-Bernard Padaré, en ouverture.
Pour la haute juridiction, il s’agissait d’une « belle expérience démocratique » à saluer et à consolider. Dans ce contexte, l’exécutif aurait dû être en première ligne pour honorer l’institution garante du processus.
Par cette politique de la chaise vide, le gouvernement affiche un éloignement visible vis-à-vis du Conseil. Au-delà de la forme, l’attitude interroge sur le fond : elle risque de fragiliser la crédibilité du scrutin et d’écorner l’autorité de l’institution.
Pour le Conseil, la souveraineté institutionnelle a été mise à l’épreuve. Pour l’exécutif, le choix semble assumé : se tenir à distance des grandes institutions de la République, au risque d’affaiblir l’image de l’État.
La rédaction

