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2 février 2008 : N’Djamena assiégée, le Tchad au bord du gouffre

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Le 2 février 2008, N’Djamena s’est réveillée sous le fracas des armes. Une coalition rebelle, partie du Soudan voisin, a franchi les portes de la capitale tchadienne avec un objectif clair : renverser le pouvoir en place. En quelques heures, la ville s’est transformée en champ de bataille.

L’Armée Nationale Tchadienne a opposé une résistance acharnée. Les tirs d’armes lourdes et les bombardements ont résonné dans chaque quartier, plongeant les habitants dans une peur viscérale. Les rues, habituellement animées, se sont vidées, tandis que les civils tentaient de se protéger des affrontements qui déchiraient leur cité.

Le bilan était lourd. Selon la Commission nationale d’enquête, près de 977 personnes ont perdu la vie et 1 758 ont été blessées. Les violences n’ont pas seulement touché les combattants : des civils ont été victimes de viols, d’arrestations arbitraires et de disparitions. Parmi elles, celle du Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, figure politique respectée, dont l’absence reste une plaie ouverte dans la mémoire collective.

D’autres leaders, comme Ngarlejy Yorongar et l’ancien président Lol Mahamat Choua, ont eu la chance de retrouver leurs familles après ces heures sombres. Mais pour beaucoup, la tragédie a laissé des cicatrices indélébiles.

Le 4 février, le président Idriss Déby a repris le contrôle de la capitale, mettant fin à l’offensive. Ce moment, présenté comme une victoire du pouvoir en place, est aussi resté dans l’histoire comme un rappel brutal des fragilités du pays et des menaces qui pèsent sur sa stabilité.

Dix-huit ans plus tard, les souvenirs de ces combats hantent encore N’Djamena. Ils rappellent aux Tchadiens que la quête de sécurité et de gouvernance reste un défi permanent, et que la démocratie, souvent invoquée, demeure une construction fragile.

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